Une trancheuse Keller à la rescousse des digues du Val blésois

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Face au risque de crues récurrentes, la gigantesque machine a œuvré durant cinq mois pour renforcer les ouvrages contenant les eaux de la Loire.

 

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La BSV 6000 progresse à une cadence de 0 à 5000 m/h. © Keller France

Pour protéger les Blésois et habitants des communes alentour des crues devenues récurrentes, des travaux de renforcement des digues de la Loire ont été menés entre juillet et novembre dernier. Ils ont d'ailleurs nécessité l'utilisation d'une machine pour le moins atypique : une trancheuse de sol BSV 6000.

 

Développée par la filiale française du groupe de fondations spéciales et de travaux géotechniques Keller, elle a eu pour mission d’imperméabiliser la digue tout en la confortant. Pour ce faire, conformément à la méthode du jet grouting (procédé de consolidation du sol) retenue sur le chantier, la trancheuse, équipée d'un moteur stage IV, a tout d'abord creusé jusqu’à 7 m de profondeur (jusqu’à 10 m au niveau du quai Henri-Chavigny) en suivant une tranchée guide de 75 cm préalablement préparée. Elle a ainsi avancé à une vitesse de 0 à 5 000 m/h pour une puissance de 478 kWh sur un linéaire total de 1,4 km.

Un niveau de protection précis 

Déversé dans le sillon, un liant à base de ciment a ensuite été introduit dans les profondeurs du sol par l’axe mécanique. En séchant, le produit se transforme en une couche isolante appelée « écran étanche ». En plus de renforcer les ouvrages, quais, digues et déversoirs de Blois, ce dernier doit assurer un niveau de protection correspondant au moins à une crue de retour 200 ans, c'est-à-dire qui a une chance sur 200 de se produire chaque année.

 

« Pour l’heure, le niveau de protection correspond à une “ période de retour ” de 70 ans dans le quartier Vienne et de 170 ans sur la rive droite. Autrement dit, chaque année, ces zones ont respectivement une chance sur 70 et une sur 170 de subir une crue occasionnant des dommages », explique David Mathon, chef du service Prévention des risques à la direction départementale des territoires (DDT) du Loir-et-Cher.

 

Les zones où le risque d’inondation est le plus fort sont en priorité protégées afin de permettre d’augmenter la sécurité de 6 000 riverains en Vienne et 1 000 sur la rive droite.

 

Pour mémoire, ces travaux s'intègrent dans le cadre de l’étude réalisée par l’État pour le Plan Loire grandeur nature. Ils concernent les quais Villebois-Mareuil, Aristide-Briand et Henri-Chavigny, avec le recours à un écran étanche, ainsi que le quai Amédée-Contant, qui bénéficiera, quant à lui, d’un traitement plus léger visant à rejointoyer sa maçonnerie.

 

Fabienne Berthet