Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

Vers une revalorisation immédiate des déchets

| Reportage |

L'entreprise Marais a récemment testé en Dordogne un atelier mobile d'un nouveau genre. Le prototype permet le réemploi in situ des déblais de chantier.

Les sites web parasites sanctionnés !
L'unité baptisée Recysoil et développée par la société Marais. © Marais

Le recyclage et la revalorisation des déchets constituent la clé de voûte de l’économie circulaire. Une thématique aujourd’hui identifiée comme un véritable enjeu de société et qui oblige le secteur de la construction à se réinventer. Le message a d’ailleurs été bien entendu par la Fédération des travaux publics (FNTP) qui entend bien atteindre le seuil fixé des 70 % de matériaux recyclés sur les chantiers à l’horizon 2020.

 

A ce stade, difficile de savoir si l’objectif sera atteint, mais la dynamique, elle, ne se dément pas. En témoignent les travaux de R&D menés par de nombreuses entreprises dont la société Marais. La filiale du groupe Tesmec conduit en effet depuis plus de dix-huit mois le programme baptisé « Recysoil », qui entend révolutionner la gestion des déchets, notamment lors des travaux de réseaux. Dans ce secteur, la méthode de pose traditionnelle est bien connue et éprouvée. Une fois la tranchée ouverte, les déblais sont évacués par poids lourds, tandis que des mortiers et autres bétons produits à distance sont acheminés par camions-toupies sur site pour reboucher la tranchée après la pose des tuyaux. Avec son unité mobile de revalorisation des déchets, Marais espère en finir avec ce ballet qui alourdit la logistique aussi bien que l’empreinte carbone et le coût global des chantiers. Une ambition dans l'air du temps, qui a trouvé un écho favorable au sein de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) : le projet a fait l'objet d'une labellisation « Investissements d'avenir ».

 

Testée entre le 20 et le 22 septembre derniers sur la commune de Saint-Crépin-et-Carlucet, en Dordogne, sa solution se présente sous la forme d’une trancheuse (classique ou aspiratrice), couplée à un atelier sur porteur. Concrètement, les matériaux excavés sont envoyés vers un concasseur à percussion qui travaille sous pression. Via une vanne d’écluse, ils sont ensuite transférés sur un tapis à col-de-cygne qui vient alimenter un crible. Le reflux de ce dernier est alors aspiré et réinjecté dans le concasseur avant qu’un tapis de trémie ne vienne nourrir la centrale à béton. Ne reste plus alors qu’à ajouter le ciment pour obtenir en bout de course le béton autoplaçant (BAP) qui assurera une fermeture propre de la tranchée. Sur ce point, l’entreprise a poussé le curseur de la revalorisation encore un peu plus loin : ses ingénieurs ont opté pour un ciment écologique composé à 95 % de coproduits industriels. Voilà pour la promesse. Restait encore à valider la fiabilité du processus. 

 

Or, lors du chantier de pose de fibre réalisé à l’initiative du Syndicat mixte Périgord-Numérique, le matériel n’a pas manqué sa sortie. Même confronté pour la première fois à des matériaux de rive, l’ensemble long de 25 m – l'atelier seul est contenu sur 12 m – a tenu le rythme, avec une progression comprise entre 100 et 150 m/h pour réaliser la tranchée, la pose grâce à un système de peigne et la mise en œuvre du BAP. Des rendements qui permettent au fabricant d’anticiper des gains de productivité de 20 à 30 %. Côté sécurité aussi, l’engin n’a pas déçu puisque, sur les trois ou quatre opérateurs nécessaires, le seul positionné au sol n’intervient qu’en contrôle visuel sans jamais être exposé à des pièces tournantes – elles sont toutes capotées.

 

Cette nouvelle phase de développement franchie, Marais peut à présent se projeter vers la conception d'un nouveau prototype avant d'engager, d'ici à la fin de l’année prochaine ou au début de 2020, le lancement d’une production en petite série.
La prochaine étape consistera probablement à convertir le marché des travaux publics au-delà des seuls travaux de réseaux. Les travaux de terrassement et autres chantiers  de démolition sont autant de terres de conquête pour cette technologie pleine d'avenir.

Jeremy Bellanger

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus