Une pose de conduite les pieds dans l’eau

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L'installation de tuyaux polyéthylène haute densité sur un linéaire de 440 m en Pays basque a requis l'intervention de pelles amphibies.

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L'ouverture de la fouille a nécessité le passage sous trois ponts. © Hervé Prenat (Technique-TP) - Moniteur Matériels

Située sur le territoire de la commune de Bayonne, dans le bassin versant du ruisseau du Moulin d’Esbouc, la station d’épuration de Saint-Bernard est soumise à la marée. C’est pourquoi, en avril dernier, la société Sogea Sud-Ouest a profité d'une semaine de grands coefficients de marée pour poser une conduite de rejet sur la nouvelle station, construite en remplacement de l’ancienne infrastructure aux équipements vieillissants.

 

Pour installer sur un linéaire de 440m les tuyaux PEHD (polyéthylène haute densité) d’un diamètre de 400mm, l’entreprise a réalisé les travaux de jour et de nuit à chaque marée, ce qui lui a permis de profiter du marnage important. « Notre équipe est habituée à relever régulièrement des défis, compte tenu de la spécificité géologique des sols rencontrés dans notre région. Et, sur ce chantier complexe, nous avons cherché les meilleures solutions pour maîtriser au maximum le coût et la faisabilité technique. D’autant que le sol peu porteur, constitué de limons vaseux, ne permettait pas de réaliser les terrassements dans des conditions classiques. Nous sommes donc arrivés à la conclusion que l’utilisation de pelles amphibies pourrait nous libérer de plusieurs contraintes et nous éviter l'enlisement », explique Laurent Cohéré, conducteur de travaux et responsable du chantier.

Des contraintes de hauteur

Les pelles ont donc servi à l’ouverture de la fouille. Une opération délicate qui a nécessité de passer sous deux ponts routiers et un pont SNCF, à des hauteurs de 2,50m et 3,50m. « Une mini-pelle et une petite pelle sur chenilles marais nous ont permis d'éviter les contraintes de la faible hauteur disponible », précise Laurent Cohéré.

 

Par ailleurs, pour assurer le guidage et l’arrimage de la conduite en attente de pose, des pieux-guides ont été enfoncés à chaque angle au vibrofonceur. « Nous avons dégagé en amont une grande zone plate et droite pour souder les tubes de PEHD. Cette longueur importante nous a permis de profiter de la flottabilité de ces tuyaux pour les positionner en parallèle de la fouille, grâce à la 3D », ajoute-t-il. En complément, l'équipe a mobilisé un skidder forestier John Deere pour la traction du tube pré-soudé dans sa fouille au moyen de poulies de renvoi, tandis que la pose des matelas Reno grâce à des grues de levage a assuré le maintien du PEHD en fouille. Pour finir, les pelles amphibies ont assuré le remblaiement en deux marées.

Hervé Prenat (Technique-TP)