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Une mégabarge sur la route du Littoral

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Le chantier du futur viaduc Réunionnais a nécessité le concours d’un matériel hors norme, aux allures de céphalopode.

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La "pieuvre" telle qu'elle apparaît aux Réunionnais. © Laurent de Gebhardt/le studio 360

Baptisée Zourite, soit « pieuvre » en créole, cette mégabarge a été construite spécialement pour la pose des 48 piles du viaduc monumental. Autoélévateur, l’engin se devait de répondre aux spécificités du site réunionnais. La route du Littoral est en effet soumise à une météo capricieuse puisque, sur cette île de l’océan Indien, les tempêtes tropicales et cyclones sont monnaie courante. L’élévation de la barge s’appuie donc sur une plateforme stable et peu sensible à la houle afin d’effectuer des travaux en mer selon des méthodes de construction terrestre. Dans un environnement où la météo est peu clémente, elle est aussi capable de se hisser sur ses jambes – ou tentacules, au choix – en cas de fortes intempéries. Pour poser l’ensemble des appuis de l’ouvrage, la barge possède des dimensions exceptionnelles : 107 m de long sur 44 m de large, ce qui représente l’équivalent d’un terrain de football. Elle est aussi équipée de huit jambes de capacité unitaire d’élévation de 4 000 t et d’un pont roulant de 4 800 t, à 33 m au-dessus du sol. Elle possède enfin une propulsion et un positionnement dynamique, des lignes d’ancrage et des centrales à coulis et à béton.


Mais sa force repose aussi sur sa capacité à installer les éléments préfabriqués les plus lourds du chantier, quel que soit l’état de la mer. Pour ce faire, la barge fonctionne par étapes successives. On charge d’abord les pièces au niveau de l’usine de fabrication des piles qui sont ensuite ripées à bord avant d’être acheminées en navigation autonome vers le site de pose spécialement aménagé au Port.
Le transport et le placement des piles et voussoirs du tablier se font sur mesure. Pour chacune des 48 piles de l’ouvrage, la Zourite effectue deux voyages : le premier pour mettre en place la semelle de fondation et la partie basse du fût de pile ; le second afin de poser la partie haute du fût de pile et le chevêtre associé, ainsi que le mégavoussoir sur pile. Avec l’aide de ce matériel, les 150 éléments préfabriqués des piles du viaduc du Littoral sont ainsi mis en œuvre sur une période de vingt-quatre mois, au rythme moyen d’un appui en mer tous les quinze jours.

 

La moitié du viaduc est aujourd’hui sortie de terre et, selon Didier Robert, le président de la région Réunion, la totalité des piles devrait être posée d'ici à la fin de l'année, avec une ouverture au public annoncée pour 2021. Conçue par un architecte naval avec le groupement titulaire du marché, Zourite a nécessité un an et demi de construction. C’est le chantier naval Crist, à Gdynia, en Pologne, qui a été retenu, après une compétition internationale, pour son expertise et son expérience en matière de barges autoélévatrices. La construction de la coque de la charpente, support du pont roulant, et l’intégration de tous les matériels et équipements y ont été effectués. L’entreprise néerlandaise Ravestein a été chargée de la conception et de la livraison des huit jambes et de cabines d’autoélévation ; l’allemand Schottel, de celles des propulseurs ; et, enfin, la filiale néerlandaise Enerpac a pris en main les ponts roulants de manutention des très lourdes charges.

Fabienne Berthet

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