Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

Une 150 tonnes pour réduire les coûts et mieux préserver les ressources

| Reportage |

Le site d’extraction de Rougemont accueille depuis peu une pelle Caterpillar de gros tonnage. Un engin qui doit permettre à la société SMBP de s’affranchir de contraintes techniques onéreuses.

Les sites web parasites sanctionnés !
La pelle hydraulique 6015B exploitée dans une carrière SMBP © Jérémy Bellanger
Courant mars, l’entreprise exploitante de carrières SMBP, basée à proximité de Chartres, est devenue la première en France à se doter de la pelle de production 6015B. Après deux semaines d’assemblage et de réglages, l’engin est entré en service pour en pousser un autre en préretraite. Désormais, la Liebherr 984 de 120 t n’est plus dévolue à l’extraction du calcaire et au chargement des trois tombereaux rigides 771D, récemment reconstruits et chargés de nourrir un gros concasseur Kleemann RR162. « Notre 984 compte 15 000 heures et tient maintenant un rôle de mulet. Concrètement, elle doit être capable de prendre le relais de la 6015B en cas d’indisponibilité ponctuelle », détaille le directeur général de SMBP, Franck Désiré-Laye.
 
Le dirigeant avait découvert le modèle d’excavatrice Caterpillar de 150 t à l’occasion du dernier salon Bauma à Munich en avril 2016. C’est après avoir observé et testé la machine au travail chez un confrère allemand qu’il a ensuite décidé de franchir le pas en avril 2017, à la faveur des dernières heures de la mesure de suramortissement. S’il ne cache pas une certaine fierté à être l’unique propriétaire français de ce modèle de pelle de production, ce n’est évidemment pas la raison qui a motivé son choix. Et, à l’entendre, ce n’est pas non plus la perspective d’augmenter sa productivité : « Nous ne cherchions pas à progresser sur ce point. Nous réalisons déjà environ 10 000 t au quotidien », commente-t-il.
 
En réalité, sa principale ambition consistait à réaliser des économies sur le minage et à préserver du même coup la qualité de ses ressources en matériaux. Avec une pelle de 120 t, il était régulièrement contraint de réaliser des tirs pour traiter les roches les plus récalcitrantes. Près d’une vingtaine par an pour un coût unitaire compris entre 8 000 et 10 000 euros, soit une enveloppe totale de 160 000 à 200 000 euros. Aujourd’hui armé d’une 150 t, il vise l'arrêt de cette pratique. Au regard de la force d’arrachement développée par la machine, l’espoir est permis. Et, en cas de problème, SMBP pourra s’appuyer sur un ultime procédé avant de recourir au minage : le lâcher de boulet. Pour fracturer les roches les plus dures, une boule de 9 t est placée dans le godet de la pelle à l’aplomb de la zone à traiter. Ensuite, la gravité s’occupe du reste. Mais cette volonté d’éradiquer le minage sur le site ne se justifie pas exclusivement pas son coût. En effet, une explosion n’est pas sans conséquence sur l’intégrité du matériau. Déjà présentes dans une carrière de calcaire, les fines n’en deviennent que plus nombreuses après un dynamitage. Plus de fines et moins de calcaire à traiter, donc moins de valeur. Une logique qui se justifie également d’un point de vue environnemental alors que la question de la préservation des ressources est plus que jamais à l’ordre du jour. 
 
C’est bien ce double objectif de réduction des coûts et de valorisation de la ressource qui explique l’investissement consenti par Franck Désiré-Laye. Mais pas au point d’en oublier de surveiller la consommation de carburant de la machine à l'aide d'un moniteur. « Avec notre précédente pelle, nous tournions à environ 100 l/h. Je ne pense pas que nous atteignions les 64 l/h avancés par le constructeur dans une exploitation optimale. Mais nous visons les 75 à 80 l/h. Dans les prochains mois, nous serons en mesure de faire un retour d’expérience plus précis sur ce critère de la consommation », conclut ce patron attentif aux coûts, mais qui n’a pas hésité à investir dans un escalier hydraulique automatique pour atteindre les points de maintenance. Une manière de rappeler que la sécurité, elle, n’a pas de prix ?  

Jeremy Bellanger

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus