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"Un redémarrage trop vif des TP serait difficile à absorber", Renaud Buronfosse (Cisma)

| Interview |

Grand Paris, Brexit et surréglementation, le délégué général du Cisma n’élude aucun des sujets clés du secteur.

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Renaud Buronfosse délégué général du Cisma © Bruno Levy
Quel est l’état d’esprit actuel de vos adhérents ?
Les fabricants de matériels abordent l’avenir avec optimisme. 
Et pour cause ! L’année 2017 aura été excellente, et la prochaine s’annonce tout aussi porteuse. Tous constatent avec bonheur qu’une reprise réelle de l’activité prend le relais de la dynamique née du mécanisme de suramortissement. Cette synchronisation se traduit par une poursuite des investissements, notamment chez les loueurs.
 
La vitalité du marché tient-elle exclusivement à un phénomène de reprise ?
Le renouvellement des matériels n’est pas étranger à cette tendance. Les années exceptionnelles qui ont précédé la crise de 2008-2009 ont débouché sur la constitution d’un impressionnant parc de matériels au niveau national. Or la chute du marché qui s’en est suivie a repoussé le cycle classique de renouvellement. Alors qu’on aurait pu l’attendre en 2014 ou en 2015, ce mouvement de réinvestissement ne s’est véritablement enclenché que lors des deux dernières années. 
 
A-t-on aujourd’hui les moyens matériels et humains de tenir les délais du Grand Paris ?
Le sujet est un peu tabou car les entreprises, fabricants comme utilisateurs, ont tellement réduit leurs capacités de production qu’un redémarrage un peu trop vif des travaux publics serait difficile à absorber. En l’état, une livraison pour les JO de 2024 paraît compliquée. Tout le monde se demande comment s’y prendre, depuis les entreprises qui recherchent partout des conducteurs de travaux, jusqu’aux fabricants qui font face aux  limites actuelles de leurs outils de production. Il suffit de discuter avec les constructeurs de tunneliers qui annoncent déjà des délais importants. D’un point de vue plus technique, il faut aussi considérer qu’il s’agit là de travaux à grande profondeur. Or nous ne sommes pas coutumiers de ce genre de chantier à Paris. Globalement, l’offre de matériels n’est pas totalement adaptée à ces besoins particuliers. Il va donc falloir modifier les engins.
 
L’exigence réglementaire constitue-t-elle un autre frein ?
Sur ce point, une circulaire du gouvernement parue en juillet dernier tend à nous rassurer. En substance, elle reconnaît le poids de la surréglementation et place le secrétaire général du gouvernement comme pilote d’une simplification. C’est un signal positif mais, dans le même  temps, certains organismes veulent renforcer les contraintes réglementaires des chantiers à grande profondeur. L’ambition peut s’entendre mais il faut la confronter à la réalité des délais impartis. C’est notamment le sens de nos échanges avec la Cramif [Caisse régionale d'assurance-maladie d'Île-de-France, NDLR]. Pour tout le monde, la question de la sécurité est primordiale. Néanmoins, on ne peut s’imposer des contraintes plus fortes que celles appliquées dans le reste du monde. Face au défi du Grand Paris et de son agenda, peut-on vraiment se permettre de laver plus blanc que blanc ? Il nous faut encore travailler pour trouver le meilleur compromis.
 
Le Grand Paris focalise beaucoup l’attention. Pourtant, d’autres projets existent... 
Dans les prochaines années, les projets du Grand Paris représenteront 10 à 12 % de l’activité globale. Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas tout. Par exemple, Île-de-France Mobilités a récemment dévoilé un programme pour les dix ans à venir. Sur la base de ressources financières solides, le syndicat fera construire plus de 110 km de tramway, autant que ce qui a été réalisé durant les vingt dernières années. Au-delà de la seule Île-de-France, des métropoles comme Toulouse, Lyon, Nice ou Nantes continuent également de faire émerger des projets.
 
Craignez-vous les conséquences du Brexit ?
Au niveau du Syndicat européen des fabricants [le Cece, NDLR], nous avons clarifié notre position sur le sujet. Notre volonté est de maintenir une ouverture au marché, conditionnée au strict respect des directives et des règlements européens, des droits de douane… Passé le choc de l'annonce, nos confrères britanniques reprennent progressivement la parole et expriment leur inquiétude. Les Turques et les Russes sont membres, je ne vois pas ce qui pourrait les empêcher de le rester également. Mais, encore une fois, il faudra respecter les règles communautaires.
 

Jeremy Bellanger

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