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Un bras levier inspiré du corps humain

| Enquête |

La société Push 4M a développé une technologie en rupture avec les méthodes de levage traditionnelles. Imaginé par un kinésithérapeute, le concept séduit les investisseurs. Une belle promesse qui reste à confirmer.

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Première image du concept développé par la société Push 4M © Mike Chevreuil
Push 4M rentre dans la catégorie des start-up pleines d’avenir selon ses partisans. Ces derniers parient sur une nouvelle approche du levage, fondée sur la poussée transversale permettant de déplacer plus de charges avec moins d’effort et de nuisances. Un concept qui pourrait créer une rupture technologique dans l’industrie du levage et de la robotique. Créée en 2016 après plusieurs années de recherche et de développement, cette solution repose sur un bras levier qui s’inspire du corps humain, et notamment du gonflement du muscle.
 
À l'initiative du projet, Nicolas de Lussy, technicien de génie civil et kinésithérapeute de formation, a élaboré son concept à partir de l'observation de ses 44 000 séances de rééducation et... de nombreux montages mécaniques expérimentaux. Et la promesse n’est pas mince ! Permettre la construction de machines plus légères pour soulever la même charge que les engins traditionnels, diminuer leurs dépenses d’énergie et réduire ainsi les coûts de production et de maintenance. L’inventeur estime tenir là ce qui devrait révolutionner les pratiques dans bien des domaines : « Une alternative énergétique disruptive, analyse-t-il. Face au moteur rotatif comme au vérin longitudinal, nous atteignons des valeurs minimales d’énergies injectées. » Pour appuyer ses dires, il annonce des chiffres probants : « L’effort est divisé par deux, tout comme la nuisance sonore ; la charge utile est, elle multipliée d’autant, avec en prime une très haute précision sur 180°, un poids à vide réduit et aucune perte de position en cas de modification de charge. » 
 
Pensée dans un garage, la technologie a su séduire Jacques Pellas. L'ancien secrétaire général de Dassault Aviation et ex-président de la fondation de l’EPF École d’ingénieur-e-s de Sceaux a donc rejoint les rangs de Push 4M et ne tarit pas d’éloges sur le procédé. « Les domaines d’application sont nombreux : le BTP, mais aussi la robotique, les transports, la manutention… » Même enthousiasme du côté de l’investisseur indépendant Frédéric Plisson. « C’est une autre voie possible pour soulever des poids importants et venir à bout de problèmes qui ne sont pas résolus par les technologies existantes. Lesquelles n’ont pas été remises en cause depuis cent ans », lâche-t-il, avant de moduler son discours : « C’est une longue aventure qui commence. Il faut prouver l’intérêt par la pratique et non par le concept. » Côté scientifique, on reconnaît que l’idée est bonne. Sébastien Briot, docteur en sciences, chargé de recherche au CNRS, y voit l’explication d’une singularité qui permet de générer peu d’effort sur le mécanisme pour générer un gros effort en sortie. « Reste à valider scientifiquement la réduction de la consommation énergétique pour les engins du BTP. Si elle intervient, les répercussions peuvent être intéressantes. » En outre, le chercheur souligne la difficulté à miniaturiser l'invention ; « un passage à l’échelle qui n’est pas simple », reconnaît-il.
 
D’ores et déjà, les grands acteurs du secteur regardent le procédé de près ; les loueurs comme les industriels. Vincent Royer, directeur de la transformation numérique chez Kiloutou, porte un regard attentif sur la poussée transversale et l’intègre dans sa veille technologique. Jérôme Stubler, président de Vinci Construction, s’avoue convaincu par la promesse au vu des vidéos du bras levier. Bouygues Construction ne fait pas non plus mystère de son intérêt. Bruno Lineatte, en charge de la recherche et du développement sur les modes constructifs dans le bâtiment pour le groupe, relève : « Sur le principe, le résultat que Push 4M espère atteindre nous intéresse beaucoup. Dans le bâtiment, les robots sont encore trop gros et trop lourds : de 1 à 2 t. » Pas de doute possible : la technologie suscite l'intérêt de toutes parts. Mais le chemin est encore long avant qu'elle n'ait définitivement fait ses preuves.
 

Fabienne Berthet

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