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NGE : "Les travaux urbains et souterrains font évoluer notre flotte"

Interview |

Thierry Robert, directeur matériel de NGE, nous ouvre les portes de son impressionnant parc, où se côtoient des engins de toutes dimensions, des plus compacts jusqu'aux tunneliers.

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"Chez NGE, nous avons un millier de machines et de poids lourds connectés", indique Thierry Robert. © NGE

Le parc de NGE compte quelque 12 000 machines. Comment s'articule-t-il ?

Les engins sont regroupés en cinq départements. La grande famille travaux publics, canalisation, route, terrassement et génie civil représente à elle seule 37% de nos actifs, tandis que le ferroviaire pèse 39%. Suivent les segments des matériels de fondation (12%), du bâtiment (4%) et de l'international (8%). Le tout compose un parc d'une valeur à neuf de plus d'un milliard d'euros nécessitant la mobilisation de 650 techniciens répartis sur une cinquantaine de sites dans le monde.
 

Sa composition a-t-elle évolué ces dernières années ?

Oui, et le développement des travaux urbains et la réduction du nombre de grands chantiers n'y sont pas étrangers. Cette tendance nous amène à nous renforcer sur les gammes de matériels de taille moyenne, tels que les midi-pelles, les pelles à pneus, etc. Depuis trois ans, nous avons fait le choix de louer les engins compacts de moins de 7 tonnes. En expansion, les projets de fibre optique, qui nécessitent des matériels adaptés, orientent aussi nos investissements. Enfin, le grand chantier du barrage de Nachtigal, au Cameroun, monopolisera une grande partie de notre flotte de grosses machines de terrassement. Sans oublier les besoins relatifs au Grand Paris.
 

Comment accompagnez-vous l'activité croissante des fondations et du souterrain ?

Notre nouvelle entité NGE Fondations, issue de la fusion entre Dacquin, racheté en 2017, GTS, Sotrac et Sud Fondations, assure la réalisation de parois moulées sur divers chantiers du Grand Paris. Pour accompagner sa montée en puissance, nous l'avons dotée récemment d'hydrofraises. En souterrain, NGE GC Travaux Souterrains a acquis quatre tunneliers, dans le cadre de partenariats avec les groupements Alliance et Salini Impregilo. Deux d'entre eux sont en action, le troisième est en cours de montage, le quatrième en fabrication.
 

Vos budgets d'investissement ont dû exploser…

Avec de tels projets, ils auraient pu ! Mais nous sommes restés dans nos ratios. Les tunneliers s'inscrivent dans une ligne budgétaire spécifique, puisque nous partageons cet investissement avec nos partenaires. Leur montant global – qui comprend tous les équipements nécessaires à la bonne marche de ces tunneliers, la maintenance et la formation des opérateurs – s'élève à environ 100 millions d'euros. C'est une somme conséquente, qui avoisine celle engagée par le groupe NGE dans ses propres matériels en 2018. Nous avions alors déboursé 97 millions d'euros et nous comptons maintenir cet investissement en 2019. Inutile de forcer le trait dans une période où nous avons décidé de laisser vieillir de quelques mois supplémentaires notre parc afin d'accompagner les investissements pour ces nouveaux projets.
 

Disposez-vous des capacités de maintenance nécessaires pour assumer cette stratégie de vieillissement ?

Tout à fait. Nous nous appuyons sur l'activité de remise à neuf de certains de nos matériels. Chaque année, ce sont plus de dix machines – niveleuses, dumpers, gros bouteurs et matériels ferroviaires – qui sont reconditionnées. Une fois traités, ces engins atteignent 75% de l'espérance de vie d'une machine neuve, pour un coût inférieur de moitié. Outre l'intérêt financier, c'est l'occasion de fournir à nos mécaniciens une formation pointue. Dans notre atelier de Saint-Étienne-du-Grès et de Chelles, nous concevons aussi des équipements spéciaux et modifions des machines. Et surtout, dernièrement, nous avons lancé avec nos constructeurs la construction d'une suite rapide caténaire. Cette expertise en conception nous permet d'être réactifs dans le développement de notre parc spécialisé.
 

Votre flotte fait la part belle à la connectivité. Que vous apportent les solutions télématiques ?

Nous avons un millier de machines et de poids lourds connectés. La solution Fleet Technology nous a permis de regrouper leurs données sur une même plateforme. Nous sommes en train d'y greffer les outils de la start-up Hiboo pour gagner en réactivité. L'un de nos objectifs est d'optimiser l'utilisation de notre parc ; exemple, d'ici 2020, nous désirons baisser de 20% notre taux de ralenti, qui se situe aujourd'hui autour des 31%. C'est trop ! Le ralenti produit des émissions, impacte la production et fait vieillir prématurément le matériel. La télématique offre également des indications techniques essentielles aux chauffeurs : surchauffe, survitesse, roue libre… La totalité de nos équipes – utilisateurs, mécaniciens, responsables matériels… – bénéficiera pour cela de la version mobile de notre outil de gestion de parc, Pharos. Cela leur permettra d'emporter avec eux la documentation réglementaire comme technique, d'avoir une vision globale de la performance des machines et de faire remonter des infos, telles que des petits incidents qui nécessiteront une réparation.
 

Vous avez été parmi les premiers à intégrer des matériels hybrides. Quelle place occupent ces motorisations ?

Cette expérimentation nous a appris deux choses. La première, c'est qu'il faut savoir utiliser ces machines pour que la baisse d'émission se vérifie : nous avons donc mis en place des formations pour nos chauffeurs. La seconde consiste à ajuster l'efficacité de ces matériels aux types de chantiers. Ces paramètres sont cruciaux pour permettre un retour sur investissement. Dans le ferroviaire, et en partenariat avec Caterpillar, nous mettons au point une locomotive bi-énergie, avec une traction électrique autonome. Plus récemment, nous avons réfléchi à une solution gaz sur nos chantiers du Grand Paris. Mais il y a encore beaucoup d'obstacles à l'utilisation de ce carburant. Quant au tout-électrique, nous regardons attentivement ce qui se fait, mais nous ne sommes pas prêts à l'intégrer de façon massive, en raison de son coût et de sa praticabilité. Il faut que cette technologie évolue encore.
 
Propos recueillis par Arnault Disdero

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