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Seimat : « Nous devons accompagner les changements profonds du secteur »

| Interview |

Élu président du Seimat en mai dernier, Pascal Guillemain veut revisiter en profondeur le syndicat des distributeurs et importateurs. Son idée fixe : mieux orienter ses adhérents sur le chemin des mutations technologiques. 

Les sites web parasites sanctionnés !
Pascal Guillemain, président du Seimat © Bruno Levy/Le Moniteur Matériels
Comment analysez-vous les récents changements au sein du Seimat* ?
Toute organisation, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un syndicat, se doit de se renouveler. Le Seimat n’échappe pas à cette règle. Évidemment, il est impératif d’assurer une continuité, mais il faut aussi permettre l’émergence d’idées neuves. à plus forte raison dans la période actuelle où il nous faut accompagner les changements profonds du secteur. Il me semble qu’une nouvelle génération, rompue aux nouvelles technologies, est plus à même de relever ce défi.
 
Comment comptez-vous concrétiser cette ambition ?
Nous devons créer davantage de lien et de proximité avec les adhérents afin de mieux appréhender leurs attentes. La tâche n’est pas toujours facile car les opportunités de rencontre ne sont pas si fréquentes. D’où notre volonté de nous appuyer sur une communication nouvelle, avec notamment la refonte de notre site Internet. Plutôt qu’une vitrine relayant simplement l’information du syndicat, nous voulons en faire une véritable plateforme interactive et conviviale. 
 
Avez-vous réalisé un audit avant de mettre en œuvre cette nouvelle stratégie ?
Tout a été passé en revue et évalué par des commissions mises en place à cet effet. Elles ont permis de mettre en lumière plusieurs points cruciaux qui interrogent aussi bien notre méthode que nos objectifs. Cette démarche aboutira notamment à une révision de nos statuts juridiques pour les rendre plus ouverts et propices au soutien de l’innovation. À tous les niveaux, nous voulons nous doter des outils pour accompagner les transformations du marché. Celles des matériels dans leur aspect technique, mais aussi dans leur utilisation.
 
En quoi l’utilisation des matériels est-il un sujet décisif ?
Les machines sont à l’aube d’une grande mutation sous l’effet du nouvel écosystème de software qu’elles embarquent. C’est pourquoi nous accordons une attention toute particulière à tous les systèmes à la fois créateurs de valeur et facteurs de changement dans les pratiques. Les seules technologies de guidage, par exemple, vont considérablement modifier l’utilisation des matériels en termes de durée d’exploitation, de précision… C’est notre rôle que de prendre en considération l’impact qu’aura l’adoption de ce type de solutions.
 
Quel serait l’impact d’une démocratisation du guidage ?
à ce jour, le taux d’adoption en France est encore relativement marginal, contrairement à nos confrères scandinaves. Demain, tout porte à croire que le guidage se généralisera aussi dans l’Hexagone. D’après les données dont on dispose, il permettrait de réduire d’environ 30 % les coûts de revient d'un chantier. Il ne s’agit là que d’une valeur théorique, mais elle laisse présager l’ampleur de la révolution qui se prépare et que les distributeurs et importateurs vont devoir assimiler. Ces systèmes influeront également sur le chiffre d’affaires, avec un renouvellement moins fréquent et une diminution des ventes de pièces.
 
Comment vos adhérents abordent-ils cette révolution ?
Un gros travail de pédagogie reste à mener chez certains. Il y a encore cinq ans, la question du guidage était perçue comme farfelue. Désormais, l’enjeu est identifié de tous, mais une véritable culture reste à ancrer. Dans cinq à dix ans, l’assistance à la conduite et l’autonomie des engins s’imposeront sur les chantiers de travaux publics. Ces environnements fermés et hautement prédictibles s’y prêtent. Peut-être même davantage que le réseau routier avec l’automobile. On ne peut même plus parler de prospective à ce sujet puisque les camions circulent déjà sans chauffeur dans les mines aux quatre coins du monde. La technologie est là, et il faut maintenant préparer les adhérents en termes de formation, de prestation de services et de gestion des responsabilités éventuelles. 
 
L’environnement économique est-il propice à une telle transformation ?
L’année 2018 reste bien orientée et s’achèvera sur une croissance globale avoisinant les 10 %. Malgré un certain infléchissement des indicateurs dans le bâtiment, le BTP dans son ensemble fonctionne bien avec des carnets de commandes encore bien remplis. Néanmoins, la croissance n’est pas infinie, et 2018 sera probablement la dernière année de progression marquée. La bonne nouvelle, c’est que l’environnement de marché reste sain, avec des taux d’équipement en adéquation avec le niveau d’activité. C’est donc un climat propice pour se préparer résolument à l’avenir. Pour autant, nous ne sommes jamais à l’abri d’un revirement.
 
* Seimat : Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics, mines et carrières, bâtiment et levage, manutention

Jeremy Bellanger

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