Rythme effréné sur la RCEA

| Chantier |

Un groupement mené par Eiffage a expérimenté fin 2021 l’outil numérique d'Arkance Optimum pour optimiser et suivre les cycles de production de deux échelons de terrassement.

Les sites web parasites sanctionnés !
La solution de suivi était installée sur onze matériels. © Bruno Levy - Moniteur Matériels

Combien de temps faut-il à une pelle pour remplir un tombereau ? Le processus de chargement, de transport et de déchargement des matériaux est-il fluide ? C’est pour répondre à ces questions et surtout identifier des améliorations possibles dans le pilotage de deux échelons de terrassement qu’Eiffage a décidé d’expérimenter la solution Arkance Optimum sur l’un de ses chantiers. Et pas n’importe lequel. L’outil de suivi de la production est actuellement exploité dans le cadre de la réalisation – par Clea (groupement mené par Eiffage) – des terrassements grande masse du Toarc B de la future RCEA, au niveau de Toulon-sur-Allier.

 

Plus court tronçon de la future section autoroutière de 88 km de long, le Toarc B, long de 6,5 km, représente à lui seul 30 % des volumes de terres. Installés depuis plus d’un mois sur onze matériels – dont huit tombereaux de 35 et 45 t, un bull, une pelle et une chargeuse –, des capteurs collectent ainsi dans un premier temps des données clés telles que les heures d’utilisation des machines, leurs consommations de GNR ou leurs émissions de CO2. Des informations consultables pour un meilleur suivi depuis une plateforme dédiée.

 

C’est ensuite, à partir de ces data et des retours d’expérience de leurs visites du chantier, que les équipes d’Arkance Optimum identifient des axes d’amélioration pour accroître les performances de production. « Nous analysons les pertes de productivité qui peuvent, par exemple, se faire ressentir lors de temps d’attente trop longs au chargement ou au déchargement des tombereaux. En sachant que la multiplication d’arrêts de plusieurs secondes peut très vite représenter plusieurs heures sur un mois, ce qui n’est pas négligeable. Nous proposons alors des recommandations pour optimiser l’utilisation des matériels : nombre de trajets appropriés selon les objectifs prévus, nombre de machines à mettre en place, distances parcourues à revoir, etc. » explique Gilles Hovhanessian, directeur d’Arkance Optimum.

Une cadence à tenir

Une solution qui est aussi bienvenue à ce stade du chantier. « Sur l’A79, nous avons déjà réalisé les trois quarts des terrassements, mais il nous reste encore à remblayer les plateformes, les talus et les bassins, soit finalement près des 25 % de travaux les plus longs, ce qui correspond encore à 500 m3 à remblayer. Pour ce qui est de la RN7, il nous reste 300 m3  », précise Cédric Bruneau, directeur de travaux en charge des terrassements.

Au regard du rythme d’avancement, le groupement s’est donc autorisé à expérimenter la solution Arkance Optimum. « La RCEA est un chantier qui va très vite. Il est donc pertinent de mesurer l’usage de nos matériels en vue d’optimiser les cycles de production. Cette remontée de données et le rapport hebdomadaire qui nous est fourni nous permettent également de rectifier, si besoin, notre organisation au niveau des deux échelons. Même si la solution est encore en rodage, je suis convaincu qu’elle va s’avérer être une aide au pilotage », indique le directeur de travaux.

 

D’autant que, petite particularité du Toarc B, pour répondre à 99 % aux besoins en matériaux, soit 1 million de m3 de remblais, une bande transporteuse de 1,7 km a été mise en place. Elle relie la carrière de sables et graviers des Proux, située à proximité, à la plateforme de stockage du chantier, où se trouve le premier échelon de terrassement. « Il nous a fallu quatre mois, entre août et novembre 2020, pour installer la bande, qui tourne actuellement à un débit de 1000 t/h. Fin janvier, une fois les gros remblaiements achevés, elle sera démontée », détaille Cédric Bruneau. Une cadence élevée que les engins de production doivent donc suivre pour tenir les délais serrés en vue d’une livraison à l’été 2022.

Charlotte Divet