Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

Pour Colas, "la maintenance prédictive est un sujet prioritaire"

| Interview |

Après avoir revisité sa stratégie d’achat, Colas et son directeur des équipements, Daniel Ducroix, se concentrent désormais sur les données d’exploitation des engins. Le groupe vise notamment d’abolir le risque de panne.

Les sites web parasites sanctionnés !
Daniel Ducroix, directeur des équipements du groupe Colas © BRUNO LEVY
Comment a évolué le parc de Colas durant ces dernières années marquées par la crise ?
Sans faire l’objet d’opérations de vente massive, notre parc s’est quelque peu épuré. Nous avons à la fois diminué le recours à la location extérieure et revendu nos machines vieillissantes et sous-utilisées. Durant cette période, nous nous sommes également attachés à baisser et à optimiser nos investissements. Alors que la majorité des marchés mondiaux ont redémarré ou sont en train de le faire, l’enjeu porte désormais sur l’adaptation de notre parc en fonction du taux d’utilisation. Il nous faut connaître le niveau d’exploitation réel des engins pour déterminer ce qu’il n’est pas nécessaire de posséder.
 
Avez-vous également repensé votre politique d’achat ?
Il y a de cela deux ans environ, nous avons effectué une remise à plat de l’ensemble de notre procédure. Tout le processus a été refondu au niveau du groupe pour aboutir à une lecture mondiale des besoins, par familles de produits. Cette approche nous permet de massifier et d’optimiser nos actes d’achat alors que, dans la précédente organisation, chaque filiale déployait une politique  indépendante pour répondre à ses besoins.
 
Quels sont les critères fondamentaux qui orientent vos décisions ?
Nous prenons en compte le prix d’achat évidemment, mais aussi la consommation et la maintenance. En plus de ces trois critères constitutifs du coût total de possession (ou TCO), nous intégrons une évaluation de la qualité de service. Elle comprend la mise en route de l’engin à réception, le dépannage, la réactivité, la compétence… Armés de cette grille de lecture, nous lançons ensuite des appels d’offres pour retenir le “mieux disant”. Là encore, nous nous inscrivons dans un passage progressif d’une logique de possession vers une logique d’usage.
 
Quels sont les bénéfices attendus de cette nouvelle organisation ?
C’est une politique plus structurée et transversale. Elle nous permet de croiser les visions de différentes zones géographiques. La multiplication des retours d’expériences permet ainsi d’améliorer sensiblement l’efficience du procédé. Néanmoins, les  besoins ne peuvent être agrégés indistinctement. Il nous faut prendre en compte les fortes disparités entre les marchés, que ce soit en termes d’activité, de réglementation ou encore de structuration du réseau de distribution des fabricants. Nous recherchons donc les dénominateurs communs afin de massifier au maximum nos achats.
 
Le traitement des données est désormais déterminant pour les entreprises. Comment abordez-vous cette problématique ?
Plutôt que de se noyer sous une masse de données, nous avons pris le parti de segmenter dans un premier temps les différents éléments constitutifs des coûts et de la valeur ajoutée liés à notre activité. C’est seulement après que nous venons les enrichir avec les données pertinentes. D’un point de vue mathématique, nous effectuons une décomposition en éléments finis pour venir y injecter une puissance de calcul. Cette méthode nous permet d’améliorer nettement le pilotage de notre parc. Aujourd’hui, un engin engagé sur un chantier de VRD n’est utilisé à pleine charge que trois à quatre heures par jour. Ça donne une idée de la marge de progression.
 
Quelle application concrète du traitement des données focalise actuellement votre attention ?
La maintenance prédictive est pour nous un sujet prioritaire et de long terme. L’objectif fixé est d’atteindre le “zéro panne” sur chantier et de diminuer nos coûts de maintenance. Nous menons actuellement des tests grandeur nature en ce sens
où l’on parvient déjà à réaliser une maintenance conditionnelle. Concrètement, nous intervenons avant la panne en nous basant sur certains paramètres. Cette démarche nous permet d’éviter du même coup la sur-maintenance sur des engins stratégiques dont l’arrêt causerait des pertes d’exploitation bien supérieures au coût d’une pièce. La prochaine étape sera de déclencher notre intervention en fonction de l’évolution croisée de plusieurs données.
 
La qualité de l’opérateur est-elle toujours aussi déterminante dans une activité toujours plus gouvernée par la donnée ?
Bien sûr. Elle devient même encore plus perceptible. Plusieurs études à notre disposition soulignent clairement les différences entre le travail d’un chauffeur expérimenté et celui d’un novice : division par deux de la consommation, multiplication de la productivité… Aujourd’hui, la conduite d’engin relève presque du pilotage. Avant, un chauffeur se basait sur son ressenti ; alors que, désormais, il a accès à de nombreuses informations, et doit être capable d’utiliser la totalité d'entre elles. C’est aussi pour cela que nous accordons une grande importance au service, notamment lors de la mise en route et de la formation initiale. Si le conducteur s’approprie pleinement le matériel, son impact devient au moins aussi important que la pertinence technique de la machine.
 

Jeremy Bellanger

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus