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Métro : Lyon teste un tunnelier hybride

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Baptisé Coline, l'engin a été configuré pour répondre aux contraintes géologiques rencontrées sur le chantier du prolongement de la ligne B.

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Arrivée du tunnelier Coline à la station des Hôpitaux Lyon Sud. © Sytral
Depuis l'année dernière, le tunnelier Coline excave le sous-sol lyonnais. Granite, galets, argile… la machine doit creuser dans des sols à la nature géologique complexe et variée. Un contexte si particulier que les équipes ne pouvaient s'appuyer sur les expériences d'autres chantiers. « Coline traverse plusieurs faciès, dont l'un n'a aucune tenue. Il faut imaginer une plage de galets sans sables, ni aucun limon pour lier les terrains, mais aussi, à d'autres endroits, des blocs de granites très abrasifs », témoigne Michel Roignot, chef de projet métro B au Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise (Sytral).

Deux techniques en une

A l'heure actuelle, le mastodonte a parcouru environ la moitié de son parcours de 2,4 km, qui doit s'achever au cours du premier trimestre 2021. L'environnement au sein duquel il évolue a obligé les équipes à imaginer un matériel hybride qui a été aménagé au fur et à mesure de l'avancement des creusements. « Afin de pouvoir nous adapter à différents faciès géologiques, nous avions besoin de combiner deux techniques présentes sur le marché, la pression de boue et la pression de terre. Nous avons mis au point un prototype qui cumule ces deux avantages sur la base d'un concept récent de tunnelier dit "à densité variable" », précise Denis Vialle, directeur technique du groupement d'entreprise en charge des travaux.
 
Utilisé sur des chantiers comme celui de la ligne de métro « Shatin to Central Link » de Hong-Kong en 2016, le concept de tunnelier « à densité variable » s'avère particulièrement recommandé face à des natures de sols complexes et variées. Cet usage reste encore assez rare à l'heure actuelle dans le monde. En France, deux tunneliers de ce type viennent toutefois d'être récemment déployés sur le lot T2A de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express.

Démarche expérimentale

Fabriqué en Allemagne avant d'être assemblé à Lyon, le tunnelier Coline pèse 2 200 t, pour une puissance de 7,6 MW. En vue d'extraire les blocs de granite rhônalpins très abrasifs, son bouclier a dû être renforcé. En outre, la machine permet l'injection de bentonite et possède une conduite de marinage. « Certains faciès géologiques étant particulièrement meubles, nous avons réfléchi à une boue de forage qui soit plus colmatante, enrichie en paille de riz et en sciure de bois », précise Frédéric Buffet, adjoint au directeur de projet au sein du groupement d'entreprises Melyes.
 
« Nous sommes à la limite des capacités des tunneliers. Nous n'avons pas encore de mode d'emploi. Nous en rédigerons un à l'issue de cette expérimentation », ajoute Frédéric Buffet.
 

Emmanuelle Picaud