Manitou : une usine automatisée de nacelles élévatrices

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Le constructeur de chariots télescopiques vient d’ouvrir à Candé (Maine-et-Loire) un site d’un « nouveau standard » industriel dans son secteur d’activité, autour de deux lignes de montage automatisées.

 

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Manitou : une usine automatisée de nacelles élévatrices © Hubert Heulot

La première station, dédiée à la structure du châssis, la dernière à son groupe hydraulique, il faut une journée et demie à chaque engin pour prendre naissance le long d’une seule ligne de production de 190 m avant d’être « expulsé » de l’usine pour sa phase « essais ». Entre temps, seize postes de montage où le travail est cadencé. Il commence et se termine exactement au même moment puisque la chaîne avance automatiquement.

Productivité améliorée de 10%

Autour de cette organisation qui reste centrée sur le montage manuel en raison de la multiplicité des types de matériels produits, Manitou vient d’inaugurer à Candé, à une demi-heure de son siège d’Ancenis, une usine à standard de production très élevé dans son secteur. « Le gain de productivité est de plus de 10% indique Michel Denis, directeur général du groupe. En plus, ce qui est intéressant avec cette usine, c’est que nous serons en mesure de produire quatre fois plus d’unités, en passant aux 3x8, dans des conditions d’ergonomie, de sécurité, et d’impact sur l’environnement optimaux »

Cette usine, réservée aux nacelles élévatrices, occupe 18 000 m2 dans un espace logistique de 80 000 m2. La première ligne de montage fabrique depuis novembre des modèles avec des capacités de levage allant jusqu’à 16 m, 18 m ou 20 m. La seconde, qui doit démarrer en fin d’année, en assemblera d'autres offrant jusqu'à 22, 26 et 28 m de capacité de levage. Il y aura aussi des unités à équivalents de hauteur en pieds pour le marché américain. 

D'autre part, si certains modèles sont thermiques, de plus en plus fonctionnent à l’électrique. Une volonté marquée de Manitou. « D’ici deux ans, tous les modèles de la première gamme auront une version électrique », précise Elisabeth Ausimour, directrice des bureaux d’études et des productions.

Robots approvisionneurs

L’usine de Candé est d’abord centrée, sur la sécurité et le confort des collaborateurs. Maximum de luminosité venant du nord, pour limiter la chaleur. Usine « vide », en ce sens qu’elle repose sur très peu de poteaux, et que tous les fluides (énergie, hydraulique, pneumatique) arrivent par le sol, à l’aide d’une trappe au sol à chaque poste. Pas de fils donc, ni de tuyaux qui descendent. L’assistance aux manœuvres de l’opérateur, serrage et vissage en particulier sont poussées le plus loin possible, de sorte par exemple, qu’une pression de 10kg s’obtienne d’une pression du doigt, seulement, de quelques grammes.

 

Les seuls véritables robots sont approvisionneurs. En d’incessants allers-retours avec les stocks, au bout de l’usine, ils en apportent exactement ce dont l’opérateur a besoin. « Nous manquons d’environ 10 % de personnel malgré tout, analyse Michel Denis. 400 personnes nous ont rejoint en CDI l’an dernier, il nous reste 150 postes ouverts. Heureusement cela n’a pas d’impact sur notre production. Nous ferons la croissance de 20 % annoncée pour 2022. Le monde apprécie de plus en plus nos produits nous réalisons déjà 82 % des 1,9 milliard d’€ de chiffre d’affaires à l’étranger. Même avec des fournisseurs essentiellement européens, nous souffrons du manque de composants, électroniques notamment. Nous réfléchissons d'ailleurs à la possibilité de rapatrier la fabrication des structures de nos chariots. »

 

Hubert Heulot