Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

Machines recherchent techniciens désespérément

| Enquête |

Les entreprises peinent à dénicher des spécialistes pour la maintenance de leurs engins. Apprentissage, formations en interne et transmission entre pairs font partie des solutions apportées. 

Les sites web parasites sanctionnés !
L'électronique embarquée implique de renouveler sans cesse les compétences. © Liebherr
«La méconnaissance de la filière de la maintenance industrielle est patente. Ces métiers variés offrent pourtant d’importantes possibilités d’évolution en interne ou à l’international, qui sont peu ou mal valorisées », observe Jean-Philippe Chaubier, le directeur général de Service Assistance Maintenance Location (SAML), filiale du groupe Fayat. Un constat partagé par l’ensemble des professionnels du secteur, qui font état de difficultés de recrutement croissantes. Une des solutions passe par la formation en alternance. Chez SAML, sur 160 collaborateurs, 15 % sont des apprentis. Cette politique, mise en place il y a vingt ans, incite à recruter des bacs pro et des BTS, principalement en maintenance industrielle.
 
La même stratégie est déployée au sein du groupe Liebherr, qui compte quatre sites en France. Les anciens apprentis y représentent pas moins de la moitié des effectifs des techniciens de maintenance. « Cela favorise l’expérience directe du terrain et la transmission de pair à pair. Chaque apprenti forme un binôme avec un technicien expérimenté, soit lors d’interventions, soit dans des ateliers lorsque les apprentis sont mineurs. En moyenne, 50 % de ces jeunes rejoignent ensuite le groupe », explique Franck Keiffer, le responsable des ressources humaines de Liebherr. Même son de cloche du côté de Yann Rivolet, son homologue chez Manitowoc, un fournisseur mondial pour l’industrie du levage : « Chez nous, le recours à l’apprentissage est en hausse. Il représente 10 à 15 % de nos effectifs. » 
 
Le retour sur investissement n’est cependant pas immédiat. « Une personne qui sort de l’école n’est pas en capacité de faire un diagnostic immédiatement. Nous avons intégré cette réalité dans nos dispositifs de formation. » D’autant que le levage nécessite des compétences spécifiques. « Au sortir de la formation, les techniciens sont opérationnels sur la plupart des machines mais pas sur les grues. Il importe donc de les former à la maintenance, mais aussi au montage-démontage sur les chantiers. C’est un processus nécessaire pour s’assurer de la capacité à travailler en hauteur et en sécurité sur les chantiers », poursuit-il.
 
Des formations en évolution constante
 
Chez SAML, les ressources humaines ciblent aussi, pour un tiers des recrutements, les mécaniciens intervenant sur la manutention. « Assez jeunes, ils ont une première expérience. Nous les formons directement et en interne à nos métiers. Travailler sur un chariot élévateur ou une nacelle peut être assez répétitif ; nous leur proposons une plus grande variété de matériels, et c’est ce qui les motive. En revanche, la pénurie est totale pour des mécaniciens poids lourds. Sur ce point, dans notre entreprise, l’apprentissage ne porte pas ses fruits », regrette Jean-Philippe Chaubier.
 
L’informatisation des machines a changé la donne. Aujourd’hui, les systèmes embarqués impliquent de nouvelles connaissances. « Il faut suivre les technologies des constructeurs », reconnaît Jean-Philippe Chaubier. Chez SAML, l’achat de machines s’accompagne de formations assurées par le constructeur, notamment chez Liebherr lorsqu’il s’agit de pelles à câble. D’une durée de trois à quatre jours, elles sont renouvelées régulièrement. Chez Manitowoc, l’électronique intégrée est prise en compte dans le dispositif de formation. Chaque innovation se traduit par une session dédiée qui se déroule le plus souvent à Saint-Pierre-de-Chandieu, dans la banlieue lyonnaise. Ce centre de formation interne voit passer quelque 450 stagiaires par an. « Le contenu évolue avec les besoins de l’entreprise. La stratégie consiste à se recentrer sur la technologie et la maintenance des grues. Les cinq formateurs présents sur le site n’animent que des formations techniques sur du matériel Potain », détaille Yann Rivolet.
 
Autre point fort de la maintenance industrielle : des perspectives de carrière attrayantes. « Un process de définition des compétences a été mis au point pour permettre de progresser au fur et à mesure. Les techniciens ont ainsi la possibilité d’accéder à des fonctions d'encadrement d’équipe dans les métiers du service. Ils peuvent aussi basculer sur des métiers parallèles, voire sur des métiers spécifiques aux grues. Une fois qu’un technicien possède une vision globale du métier, il peut évoluer rapidement vers des fonctions de supervision ou d’expertise », développe Yann Rivolet. Chez Liebherr, on assure prodiguer une rémunération motivante et favoriser la promotion interne. Nombre de techniciens viennent à s’engager dans une carrière d’inspecteur, d’encadrant, de responsable d’atelier dans le SAV ou de technicien d'assistance en ligne après quelques années de terrain. « Un jeune qui démarre en apprentissage peut devenir, en un temps raisonnable, un cadre clé chez SAML », conclut Jean-Philippe Chaubier.

Fabienne Berthet

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus