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Locapal, du sur-mesure pour travaux d'exception

| Reportage |

Pour accompagner les bâtisseurs dans tous leurs projets, le spécialiste des ouvrages provisoires s'appuie sur un triptyque bien rôdé : bureau d'études, atelier et dépôt. Visite guidée.

Les sites web parasites sanctionnés !
Dans le dépôt de Creil, dans l'Oise, long de 200 mètres, sont stockées 18 000 tonnes d'équipements. © Bruno Levy / Le Moniteur Matériels
Focalisés que nous sommes sur la construction finale, ils passent souvent inaperçus à nos yeux. Pourtant, l'édification de bien des bâtiments, ponts et autres digues ne pourrait se faire sans eux. Les ouvrages provisoires sont là pour permettre l'implantation d'une grue, le passage des ouvriers et des machines, l'accès à certaines zones du chantier… Un champ d'application tellement vaste qu'établir une liste exhaustive relèverait de la gageure.
 
Parmi les sociétés européennes les plus renommées au sein de cette spécialité, se trouve le français Locapal. Créé en 1976 sous l'égide d'Usinor devenu ArcelorMittal, l'industriel a pris sa liberté douze ans plus tard. Au fil des années, sa gamme s'est décuplée, notamment grâce au rapatriement de la fabrication en interne (1997) et à l'acquisition de l'expert du coffrage métallique CMIS (2004). Aujourd'hui reconnue "entreprise à fort potentiel" par Bpifrance, la PMI de 65 salariés nourrit de grandes ambitions. Et la crise sanitaire et économique n'y change rien. "Nous connaissons une croissance de l'ordre de 15% ces dernières années. L'année 2020 se clôturera certes en dessous des prévisions, mais le chiffre d'affaires reste en augmentation, pour s'établir entre 10 et 11 millions d'euros", indique Thibaut Tampé, P-DG depuis 2007.

Indépendance et réactivité

Si l'entreprise est pérenne, c'est qu'elle s'appuie sur un trio d'entités destiné à maximiser son efficacité, valeur pivot de ce business où ne peuvent exister que les plus réactifs : bureau d'études, atelier et entrepôt. Tout commence avec le premier, qui déclenche des commandes au second, lequel envoi ses pièces fabriquées au troisième, chargé du stockage et de l'envoi sur les différents sites. Des agences commerciales et un entrepôt secondaire implantés en région complètent ce dispositif bien rôdé.
 
 
"Il nous tenait à cœur de maîtriser toute la chaîne, gage de notre indépendance et de notre réactivité", confie Thibaut Tampé. "Cela s'est fait petit à petit, avec le temps." Installé à Aix-en-Provence, le centre R&D a été créé il y a cinq ans. Y travaillent désormais une dizaine de personnes, parmi lesquelles des ingénieurs structures et méthodes accompagnés de cinq dessinateurs. "Nos expertises sont variées pour faire face à toutes les demandes, qui peuvent être assez extravagantes. Nous avons l'habitude de créer des moutons à cinq pattes", assure le directeur de ce bureau d'études, Nicolas Mosnier, qui raconte avec fierté la pose il y a quelques années d'une voie de grue sur le toit de la Grande Arche de La Défense, à plus de 100 m du sol.

1 800 types d'articles référencés

Une fois finalisés, les plans des pièces conçues sur mesure sont transférés à l'atelier de chaudronnerie. Situé à Gauchy, dans l'Aisne, celui-ci accueille sous sa halle de 2 000 m2 une quinzaine de compagnons de fabrication, encadrés par un responsable production. Stockées à l'extérieur, 80 tonnes de plaques de tôles de 10 à 50 mm et autres barres d'aciers sont à leur disposition, avec un approvisionnement en flux tendu. Elles seront découpées et meulées avant d'être assemblées puis envoyées dans un atelier de peinture (long de 15 m pour 6 de large et 3 de haut !) rétractable de façon à permettre aux pièces de toutes tailles de s'insérer en son sein. "Ce que nous apprécions, c'est qu'aucune journée ne ressemble à une autre : on ne fait jamais deux fois la même chose", explique le responsable du lieu, Cédric Naudé, qui vient de voir son atelier récompensé du référentiel NF EN 1090. Un sésame permettant d'apposer la norme CE aux constructions métalliques Locapal.
 
 
Validée par un qualiticien, la production peut alors prendre le chemin du dépôt. Direction la zone industrielle de Creil, dans l'Oise. Ce que l'on y découvre défie l'imagination : ce sont pas moins de 18 000 tonnes de matériel qui sont stockées sous une énorme charpente de 200 mètres de long ! La manutention se fait au moyen de cinq ponts de 10 tonnes glissant sur 1,2 km de rail et d'une grue télescopique Terex Quadstar 10.65 d'une capacité de levage de 65 tonnes. Au total, quelque 1 800 types d'articles sont référencés : centrales et vérins hydrauliques, treuils de halage, monorails, poutres reconstituées-soudées, plateaux coffrants, châssis de passerelles, toutes sortes de broches, éclisses, écrous… Une caverne d'Ali Baba soigneusement rangée.
 
"Cette organisation est indispensable, car il s'agit d'être capable de faire face à l'urgence", rappelle Thibaut Tampé. Comme lors de l'effondrement d'une poutre sur les rails du RER C en gare d'Austerlitz, le 1er décembre dernier. Dès le surlendemain, Locapal a affrété huit semi-remorques pour emporter sur le chantier des tables lourdes et autres équipements permettant aux équipes et engins d'aller extraire les blocs de béton et libérer les voies. Autant d'ouvrages certes provisoires, mais ô combien essentiels. Sûr que, dorénavant, on saura les regarder autrement.
 
> Retrouvez ce reportage dans son intégralité, accompagné des nombreuses photos légendées, dans le numéro du 12 mars 2021 du Moniteur Matériels.

Arnault Disdero