Les organes Caterpillar ont leurs chirurgiens

| Reportage |

En Seine-et-Marne, le centre de rénovation des composants Bergerat Monnoyeur veille sur les moteurs et transmissions de la marque jusqu'à leur offrir une seconde vie.

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Pour Eneria, le CRC Bergerat Monnoyeur a ici remis en état un moteur de locomotive. © © Bruno Levy

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Installé à Brie-Comte-Robert (77), le Centre de reconstruction de composants (CRC) de ­Bergerat ­Monnoyeur veille sur les matériels Caterpillar. Grâce à son équipe de 38 mécaniciens œuvrant dans un atelier de 4 200 m², il redonne vie aux organes – moteur et transmission – de tous types de machines, de la plus compacte à la plus lourde. « Notre cœur d'activité repose sur l’échange standard, c’est-à-dire que nous reconstruisons et stockons des composants pour répondre aux besoins de qualité et de disponibilité de nos clients. Nous garantissons nos produits pendant dix-huit mois », détaille Léopold Bournier, responsable des activités reconstruction de composants. Mais pas besoin de transplantation pour garantir les mêmes performances qu'une pièce neuve. Le credo du CRC, au contraire, c'est le reconditionnement selon un mode opératoire bien rodé. Pour commencer, chaque composant effectue un passage en cabine de lavage haute pression. Réalisée chez un prestataire localisé à proximité, une étape de sablage est aussi parfois requise en cas de corrosion importante. Puis, dans l'une des deux divisions de l'atelier – l'une réservée aux moteurs, l'autre aux transmissions –, un mécanicien procède au désassemblage du composant. Un travail minutieux essentiel dans le cadre d'un rebuild (reconditionnement), puisque toutes les pièces – entre 300 et 400 sur un moteur – sont inspectées et triées selon leur état et leur potentiel de réutilisation.
 

700 composants rebâtis en 2022

Place ensuite au décapage des différentes pièces, au moyen d'une sorte de lave-vaisselle géant ou de deux machines à ultrasons – l'une pour les métaux ferreux, l'autre pour les ­non ferreux. « La pollution étant une cause de détérioration importante, nous sommes soucieux d'opérer le remontage dans un environnement le plus décontaminé possible. Afin d’optimiser nos délais de reconstruction et d'assurer sa qualité, nous changeons systématiquement les pièces d’usure (par exemple, sur les transmissions : les joints, les roulements, les électrovannes, etc.). Notre valeur ajoutée réside dans l’expertise et le sauvetage de pièces », explique Léopold Bournier. Dans un autre sas, les mécaniciens enchaînent avec l'assemblage, en réutilisant les pièces viables ou en complétant le cas échéant avec des neuves. Treize postes de montage sont réservés aux transmissions, contre douze aux moteurs. Une zone est également affectée aux tests de fuite, pour mesurer notamment l'étanchéité des joints.
 
 
Une fois reconstruit, le composant est mis sur le banc... de test pour vérifier ses performances. Pour la partie hydraulique, un technicien vérifie le bon assemblage, l'étanchéité et relève les données de pression et de débit au ralenti et à vitesse maximale. Pendant ce temps-là, dans le banc de test moteur, une installation reproduit la charge de la machine de TP et une jauge de contrainte mesure la température du moteur à pression et débit constants. Un dernier passage obligé en cabine de peinture, puis les moteurs et les transmissions sont repartis pour un nouveau cycle de vie. En moyenne, il faut compter 55 heures de travail pour reconditionner une transmission et le double pour un moteur. « Cette année, nous allons offrir une seconde vie à environ 700 moteurs et transmissions », précise le responsable du site. Pour assurer cette cadence, l'atelier dispose d'un stock d'une centaine de composants (50 moteurs et 50 transmissions). Les convertisseurs, vérins et filtres à particules sont, quant à eux, entreposés au siège de Bergerat Monnoyeur en Seine-Saint-Denis. Certifié ICPE, le CRC a fêté ses vingt ans cette année.
 
 
Retrouvez l'intégralité du reportage photo dans le Moniteur Matériels n°6223.
 

Charlotte Divet