Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

Les engins de démolition cherchent le bon équilibre

| Enquête |

La volonté de maîtriser le gabarit des machines, couplée au développement d’outils de plus en plus lourds et puissants, pousse les fabricants à faire évoluer leur offre.

Les sites web parasites sanctionnés !
La chaîne cinématique de certaines pelles Liebherr a été améliorée. Crédit : Liebherr

Gabarit réduit, puissance amplifiée et précision maximale au cœur de sites toujours plus contraints : le nouveau cahier des charges de la démolition pousse les fabricants d’engins et d’outils à reconfigurer leurs matériels. C’est d’ailleurs dans ce contexte que Brokk, le spécialiste des robots de démolition électriques radioguidés de 560kg à 11,5 t, est progressivement devenu un fournisseur de méthodes de déconstruction, tout en restant un constructeur de matériels. « Ce qui est important désormais n’est pas ce que qui va être démoli, mais comment le faire sans perturber ce qui se passe autour, explique Michel Sanz, président de Brokk France. Nous avons donc travaillé sur la notion d’encombrement, avec des robots de plus en plus compacts, tout en étant plus puissants. La capacité électrique et hydraulique des porteurs a ainsi été améliorée, non pour travailler plus haut, mais pour alimenter des outils qui ont des puissances hydrauliques supérieures. » Les robots Brokk sont ainsi passés de 9 kW à 11,5 kW, les cisailles qui ouvraient à 30cm atteignent désormais 34 cm avec des forces de serrage perfectionnées pour traiter des bétons plus épais et plus durs. Quant au Brokk 900de 11,5 t qui vient tout juste d’être lancé par l'industriel, il est capable d’absorber un outil de 1,5 t et de l’amener à plus de 7 m de hauteur. Une pelle de 20 t serait nécessaire pour accomplir la même performance.

Des porte-outils avant tout

Et, pour répondre aux nouvelles contraintes de chantiers, même les pelles traditionnelles voient leur configuration évoluer. En effet, les constructeurs, pour la plupart, partagent aujourd’hui le même leitmotiv : ce n’est plus le porteur qui définit l’outil ; mais l’inverse. Un credo que porte notamment Kobelco, dont l’ADN est fortement structuré autour du segment de la démolition, avec une gamme de modèles de 3,5 t à 350 t. Pour l’heure, trois sont disponibles sur le marché français : les pelles SK 350, 400 et 550, couvrant une plage de tonnages de 35 à 50 t pour des hauteurs de travail jusqu’à 25 m, et une quatrième suivra avec la SK 1 300 de 130 t munie d'une flèche à  40 m, dont le lancement officiel est attendu à la prochaine Bauma. Ces machines sont équipées de deux flèches, l’une de  21 m capable de travailler avec un outil de 2,6 t, et la seconde de 15 m pouvant œuvrer en négatif jusqu’à – 8 m et conçue pour porter un outil de 4 t de type broyeur béton. Une configuration très avantageuse, avec des flèches articulées qui ne nécessitent pas de rallonges et qui favorisent une grande modularité. « Le premier frein en matière de démolition est l’équilibre général de la machine, note Roland Danion, directeur des ventes et du marketing pour la zone francophone chez Kobelco. Sur nos modèles, il n’est pas nécessaire d’ajouter de contrepoids lorsque la pelle passe de la flèche courte à la version longue. Nos machines ont été équilibrées pour être de véritables porte-outils. »

Fin de la course à la hauteur

D’autre part, le constructeur a aussi préconfiguré ses pelles de terrassement pour qu’elles soient opérationnelles sur des chantiers de démolition en offrant, en standard, le renforcement structurel des flèches et du balancier, la protection améliorée de la cabine, ou, encore, le cumul des débits hydrauliques. « L’intervention sur des sites industriels, avec de la découpe de structures métalliques se développe, poursuit Roland Danion. La demande se porte sur des pelles plus compactes qui opèrent essentiellement avec des cisailles à ferraille et peu d'espace pour travailler. » Du côté de Liebherr, la question est la même : à quelle hauteur amener tel ou tel outil ? Sa gamme démolition de quatre pelles grand bras sur chenilles, dont la R 940 lancée en septembre 2020, et la R 980, le tout dernier modèle de 190 t disponible depuis le début de l’année, ont bénéficié d’une amélioration de leur chaîne cinématique, notamment au niveau des vérins. « La course à la hauteur est terminée et nos clients cherchent avant tout à augmenter le poids des outils, donc leur puissance, pour attaquer des bétons plus résistants, précise Philippe Boehrer, responsable des pelles de démolition chez Liebherr France. Nous avons donc fait évoluer nos matériels pour absorber des outils qui sont passés de 3 t à 3,5 t, ce qui a notamment eu une conséquence sur la mécano-soudure de la flèche, du balancier, de la tourelle et du châssis. » Mais aussi sur le poids de la pelle : la R 940 qui est venue remplacer la R 944 a ainsi pris 4 t supplémentaires. « La facilité de démontage, les hauteurs, les poids d’outils, les portées ont été revues pour emmener des outils puissants, notamment pour l’écrêtage des tours d’habitations », note Philippe Boehrer.

Steve Carpentier