Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

Les alternatives au diesel à l’épreuve du réel

| Dossier |

Si les machines électriques, hybrides ou au gaz font timidement leur apparition dans les parcs, leur coût et le manque d'infrastructures de recharge nuisent toujours à leur déploiement à grande échelle.

Les sites web parasites sanctionnés !
Des contraintes restent à lever avant de voir se déployer largement les énergies alternatives au GNR. © Volvo CE
A partir de 2020, les pelles et les chargeuses compactes qui sortiront des usines de Volvo Construction Equipment seront 100% électriques ! Annoncée récemment, la décision – pour le moins radicale – d'arrêter tout nouveau développement de moteurs diesel pour ces engins a fait l'effet d'une bombe. Jamais aucun constructeur n'avait promis d'aller aussi loin, même si Volvo CE n'est pas le seul à s'impliquer dans la transition écologique et que les versions thermiques aux couleurs de la marque qui auront été fabriquées d'ici là continueront à être commercialisées.
 
De Mecalac à Wacker-Neuson en passant par Kobelco, Hitachi ou Caterpillar, pratiquement tous les constructeurs ont dans leur catalogue au moins un ou deux matériels électriques, au gaz ou hybrides. Pour autant, le diesel a toujours la faveur de la majorité des entreprises du secteur. Pour travailler efficacement, une pelle de 50 tonnes a besoin de puissance. Idem pour les tombereaux, les grosses chargeuses et les bouteurs. Leur conversion au gaz ou à l'électrique n'est pas pour demain. L'offre est d'ailleurs quasi inexistante du côté des camions de chantier. Dans la plupart des cas, les entreprises qui sont passées au gaz l'ont fait sur la base de camions de livraison. D'autres optent pour des tracteurs routiers équipés de remorques plus ou moins imposantes. "Le recours aux énergies alternatives ira sans doute plus vite dans le matériel compact, car c'est là que se trouvent les plus gros marchés", prédit le secrétaire général du syndicat Seimat, Pascal Petit-Jean.
 

Un modèle économique à peaufiner

En effet, près de 12 000 mini-pelles s'écoulent en France chaque année. A titre de comparaison, le marché des niveleuses ne représente guère plus qu'une quarantaine d'unités… "Au cours de ces dernières années, les constructeurs ont énormément investi dans les motorisations pour arriver aujourd'hui à la Phase V, défend Pascal Petit-Jean. Leur demander de passer du jour au lendemain au tout-électrique ou au gaz est inimaginable, tant la mise au point de ces nouveaux moteurs coûte cher." "Pour s'imposer dans le paysage, les matériels alternatifs devront être économiquement viables et pas seulement en sortie d'usine, renchérit Raphaël Paul, directeur général de Jerome BTP. Si je travaille avec une pelle hybride, je serai forcément plus cher qu'avec un modèle thermique, car il faut bien répercuter les coûts."
 
Aux commandes du groupe Noblet, cela fait déjà quatre ans que Laurent Galle a commencé à convertir son parc de camions diesel au biogaz. Il reconnaît cependant que, "dans la plupart des appels d'offres, la dimension environnementale est encore très marginale". Et demain ? Contrairement au marché de l'automobile, le secteur du BTP n'est pas le plus exposé. Même des villes comme Paris, pourtant déterminée à bannir les véhicules polluants de ses rues, se montrent tolérantes. Du moins pour l'instant, car comme le rappelle Christophe Lecarpentier, directeur marketing et support des ventes chez JCB, les exigences ne seront sans doute pas les mêmes lorsque le gros des travaux souterrains liés aux chantiers du Grand Paris sera terminé et qu'il faudra s'attaquer aux infrastructures de surface. "La mairie de Paris nous oblige déjà à équiper certains matériels, tels que les nacelles télescopiques, de filtres à particules alors qu'ils n'en ont pas besoin avec les derniers moteurs Phase V !"
 

L'élévation et la logistique ont un temps d'avance

Le renforcement des règles environnementales d'émissions de fumées et de bruit paraît toutefois inéluctable, surtout en milieu urbain. Outre Volvo CE, JCB s'apprête lui aussi à investir le marché des mini-pelles électriques avec un premier modèle de 1,9 tonne. Mais le constructeur le fait avec plus de réserve, conscient que les mini-pelles électriques doivent encore faire leurs preuves. "Le premier marché est celui de l'élévation, mais c'est assez logique étant donné que beaucoup de ces machines évoluent dans des espaces fermés : entrepôts logistiques, bureaux, usines, etc.", rappelle Valérie Marchand, directrice commerciale et marketing de Kiloutou. Sur 9 406 nacelles (hors chariots industriels et camions nacelles), les modèles électriques représentent 73% du parc de l'entreprise, contre seulement… 1,5% pour les chargeuses, les dumpers et les brouettes électriques, pour un total de seulement 37 machines !
 
La conversion des matériels de BTP aux énergies alternatives prendra du temps. C'est un fait. Dans l'immédiat, Kiloutou a décidé de montrer l'exemple en se tournant vers le gaz naturel pour véhicules (GNV). En 2018, l'entreprise a fait l'acquisition de cinq camions de livraison de 460 ch pour son propre usage, des Stralis NP Iveco, tous au gaz. Et cette année, dix autres de ces tracteurs devraient rejoindre le parc.

 

Hakim Bendaoud

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus