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Le port de Caen-Ouistreham dragué par un ponton sur mesure

| Reportage |

Pour agrandir le cercle d'évitage de l'infrastructure normande et, ainsi, accueillir un ferry, l'intervention d'un dipper monobloc a été nécessaire.

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Baptisé ArMor, ce matériel a été élaboré par les équipes de Vinci Construction Maritime et Fluvial. © Vinci Construction Maritime et Fluvial
Dans le port de Caen-Ouistreham, situé dans la baie de Seine, en Basse-Normandie, un nouveau bateau de la compagnie Brittany Ferries est venu s'ajouter au trafic sur la ligne Caen-Portsmouth. Baptisé Le Honfleur, ce navire de plus grande taille que ses deux prédécesseurs a nécessité l'agrandissement du cercle d'évitage d'une trentaine de mètres au rayon. L'opération s'est déroulée en deux temps : le dragage du talus est du chenal, au printemps, puis du talus ouest à l'automne. Les travaux, d'une durée de cinq mois, se sont terminés en octobre dernier sans perturber l'exploitation commerciale du port.

Une pelle "marinisée"

Vinci Construction Maritime et Fluvial (VCMF), missionné par les Ports de Normandie, a utilisé un matériel de sa propre conception : l'ArMor. Ce ponton dipper monobloc est doté de trois pieux asservis sur treuils hydrauliques. Il supporte une pelle Liebherr R974C de plus de 80 tonnes munie d'un moteur de 400 kW que l'entreprise a "marinisée" en lui apportant des modifications pour pouvoir œuvrer sous l'eau. "Le ponton se positionne sur le fond à l'aide de ses trois pieux. Un ancrage qui lui permet de contrer la réaction liée au travail du godet", détaille Mickaël Auzas, chef d'agence Manche-mer du Nord chez VCMF. Le ponton a travaillé en rétro pour avoir la force d'arrachement de l'ordre de 15 tonnes nécessaire pour les fonds durs. Le balancier long de la pelle autorisait pour sa part un dragage jusqu'à 18 mètres sous l'eau, avec une moyenne de 12 à 15 mètres de profondeur.

Volume impressionnant

Grâce à son système de positionnement DGPS, le ponton a pu être positionné précisément sur un plan, avec les informations sur ce qui avait été réalisé et ce qui restait à draguer. "Un écran dans la cabine retranscrit au pelleur une vue en plan et coupe qui lui permet de voir exactement où l'équipement se trouve et à quelle profondeur il creuse." Le pelleur a travaillé également aux sensations : les retours hydrauliques ressentis à travers les manettes l'informant sur la typologie du terrain. Le matériau était ensuite chargé dans la bassine du chaland Combattant amarré le long du ponton. "Une fois plein, soit environ 600 m3 selon la densité du matériau, le chaland est allé clapé le matériau sur la zone définie, un cercle de 100 mètres de diamètre", ajoute Mickaël Auzas. Le client a effectué dans la foulée des bathymétries – un relevé du fond avant et après travaux – et a rémunéré la société sur cette donnée. Le volume traité sur ce chantier a dépassé 60 000 m3.

Séverine Fontaine