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Le plein de solutions pour faire baisser la consommation

| Enquête |

Pour réduire le poste gazole des véhicules de chantier, des outils voient le jour qui traquent le vol et le gaspillage. À la clé, des économies de carburant qui peuvent atteindre 15%.

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Le carburant pèse pour un tiers dans le coût total de possession des engins de BTP. © Adobe Stock
Le carburant est un poste de dépense encore mal maîtrisé sur les chantiers. Pourtant, il représente actuellement près d'un tiers du coût total de possession (TCO) des matériels. Ses bêtes noires, le vol et le gaspillage, sont connues des exploitants mais restent difficilement quantifiables sans outils adaptés. Et la note pourrait être bien plus salée avec la hausse constante du prix du gazole et le projet de loi de finances 2019 qui ambitionne de supprimer la niche fiscale du gazole non routier, touchant ainsi en plein cœur le BTP.
 
Face à ces perspectives alarmantes, les propriétaires de flottes prennent conscience de l'importance de ce poste et s'arment d'outils numériques pour reprendre le contrôle. C'est le cas de Saint-Gobain, qui a défini plusieurs axes de travail : déperdition naturelle de carburant, utilisation du matériel et gestion des pleins. Le but étant, à travers la précision des données, d'ajuster la consommation de ses véhicules lourds en vue de la livraison sur chantier. L'entreprise disposait bien d'une solution de traque des pleins, mais elle n'entrait pas dans le détail de la consommation. "Le vol de gazole restait difficile à quantifier", relate Stéphane Zaouch, chef de projets logistiques chez Saint-Gobain. "On s'en apercevait lorsque le chauffeur était en panne sèche le lundi matin alors qu'il avait fait le plein le vendredi soir."
 

Les constructeurs ont leur solution

L'entreprise s'est donc penchée sur d'autres solutions, comme celle des constructeurs, proposant de remonter les données techniques du véhicule pour avoir une analyse de consommation. Renault Trucks propose par exemple ce type de service dans son offre Optifleet, permettant de quantifier les écarts de consommation lorsque le véhicule est remis sous tension. "Si on détecte plus de 10% d'écart dans le réservoir, une alerte est envoyée", détaille Eddy Curtil, chargé du développement des services connectés de Renault Trucks. Un "ecoscore" est par ailleurs intégré dans l'outil. L'offre demeure cependant insuffisante. "Une grosse partie des solutions disponibles sur le marché s'appuient sur des données constructeur ou des données calculées", affirme Stéphane Zaouch. "Nous ne sommes pas encore sur de la donnée réelle, même si on s'en rapproche."
 

AlertGasoil, pour aller plus loin

De manière à affiner son monitoring, Saint-Gobain s'est alors récemment tourné vers une start-up française, AlertGasoil, qui s'affranchit des données constructeur. Sa technologie repose sur une solution brevetée composée d'une jauge connectée et d'une dizaine de capteurs, dont un dans l'habitacle, permettant de détecter le moteur tournant. Elle permet de quantifier en temps réel, et précisément, le carburant entrant et sortant du réservoir, de façon normale ou non. Comme lorsque le moteur est en marche sans chauffeur au volant ou que le carburant est siphonné. Dans ce dernier cas, une alarme se déclenche dans le camion. "L'idée est d'avoir une mesure précise et non en palier de centimètres, comme c'est le cas avec les autres jauges", explique Albert Benros, responsable grands comptes d'AlertGasoil. "En mesurant précisément la quantité et en croisant les données provenant des autres capteurs, nous nous sommes rendu compte que nous pouvions détecter les vols, les gaspillages ou encore les pleins inutiles."
 
Car ces pleins pèsent lourd et font consommer : en quantifiant à l'avance l'utilisation du camion, il devient possible d'éviter de le faire transporter un plein dont il n'a pas besoin. Résultat : après une phase de test sur une centaine de véhicules en janvier 2018, Saint-Gobain a constaté une économie de carburant de 10 à 15%. Le poste gaspillage a permis d'aller chercher 4 à 6% de ces gains, soit près de la moitié, grâce à la mise en place de bonnes pratiques auprès de ses conducteurs, comme de s'abstenir de laisser tourner le moteur pendant les pauses café. Avec de bons outils accompagnés d'une formation des chauffeurs, la maîtrise fine de la consommation de carburant sur les chantiers est à portée de main.
 

"L'organisation humaine est primordiale"

Stéphane Zaouch, chef de projets logistiques chez Saint-Gobain, livre son opinion : "Ne brûler le carburant que lorsque c'est nécessaire, c'est réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Et donner une image plus vertueuse à une profession qui a trop souvent été qualifiée de pollueuse. Nos conducteurs en sont conscients. C'est important, car l'outil participe seulement à 50% dans la réussite 
du projet. L'organisation humaine et l'engagement des professionnel sont primordiaux pour aller chercher les 10 à 15% d'économie."

Séverine Fontaine

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