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Le ciment est entré dans une économie circulaire

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Le ciment est entré dans une économie circulaire

Koen COPPENHOLLE 

Chief Executive - Directeur général - CEMBUREAU - The European Cement Association

 

L'organisation

Basée à Bruxelles, CEMBUREAU est l’association représentante des industriels européens producteurs de ciment. Elle défend les intérêts de producteurs d’environ 170 millions de tonnes de ce matériau destiné aux deux tiers à la construction de bâtiments. À comparer aux 4,6 milliards de tonnes produits chaque année dans le monde, dont 2,3 milliards de tonnes par la Chine.

 

Après une dizaine d’années de crise économique, quelle est la situation globale du marché du ciment sur les marchés européens ?

Koen Coppenholle : En 2007, la production européenne de ciment atteignait 269 millions de tonnes ; en 2013, date des premiers signes de reprise, elle s’établissait à 166 millions de tonnes. Une chute de   40 % ! Il faut rappeler qu’en Espagne, le recul de la consommation de ciment a été de 80 % durant cette période. Depuis, la reprise de la production est lente ; en 2016, elle n’était remontée qu’à 169 Mt. Selon EuroConstruct, l’année 2017 a été plus favorable. Nous nous attendons à une remontée plus forte, notamment en raison du dynamisme de certains pays de l’Europe de l’Est : Hongrie, Pologne…

Comment résumer l’impact de cette crise sur l’industrie du ciment ?

K. C. : Les majors se sont consolidées : fusion de Lafarge et Holcim en 2014, rapprochement d’Holcim et Cemex en 2015, reprise d’Italcementi par HeidelbergCement en 2016-2017… Tout cela s’est traduit par une rationalisation des sites de production, avec une diminution des capacités. Pour autant, pendant cette période, l’industrie cimentière a poursuivi ses efforts dans le domaine de la recherche : les combustibles alternatifs – les pneus, les plastiques et autres déchets forment aujourd’hui 43 % de l’énergie utilisée en cimenterie – ; le captage du carbone est une voie sérieusement explorée – deux sites sont en préparation pour une démonstration, l’un en Italie, l’autre en Autriche.

Le béton se retrouve en concurrence frontale avec d’autres matériaux pour le bâtiment. Comment y répondre ?

K. C. : Le bois laminé est actuellement fortement promu par les pouvoirs publics. Cela pose de nombreuses questions : quid de la durabilité, de la sécurité au feu, de la prise en compte globale du cycle carbone ? Surtout, notre organisation défend le principe de neutralité du législateur vis-à-vis des matériaux.

Dans ce comparatif entre matériaux, deux leviers sont employés : le prix et l’impact carbone. Quels sont les arguments du ciment ?

K. C. : On compare souvent le bois et le ciment, alors que ce dernier n’est qu’un des composants du béton, à hauteur de 10 à 15 % de la formulation, ce qui nuance sensiblement les avis. Surtout, notre action vise à démontrer comment le béton s’inscrit dans une démarche bas carbone globale. J’ai déjà évoqué l’usage de combustibles alternatifs en cimenteries. Les centres techniques ont aussi démontré le comportement d’isolant et de stockage thermique du béton ; une bonne conception permet de réduire les besoins de chauffage et de climatisation. Quant aux possibilités de recyclage, elles sont avérées, même celle de recarbonatation du ciment. Le ciment et le béton sont entrés dans une économie circulaire, de leur production à leur fin de vie. La prochaine révision de l’Eurocode devrait prendre en compte ces aspects de « Life Cycle Design ».

Les concepteurs et les donneurs d’ordres sont aujourd’hui à la recherche d’innovations sur les matériaux. Que peuvent apporter le ciment et le béton ?

K. C. : L’un des objectifs est de réduire les quantités de clinker dans le ciment tout en gardant, toutefois, la durabilité du produit, la sécurité des structures et en tenant compte de la disponibilité de matières premières. L’industrie cimentière s’est également lancée dans la recherche de nouveaux types de ciment pour des applications spécifiques. Il faut encore attendre avant de les voir produits en masse. La feuille de route pour l’industrie cimentière estime que les nouveaux ciments pourraient représenter 5 % du marché, soit 11 millions de tonnes en 2050, et qu’ils permettraient une réduction des émissions spécifiques de 50 %. La R&D est donc en pointe sur ce sujet. La digitalisation de la construction est un autre thème majeur auquel les secteurs du ciment et du béton participent. Le matériau peut intégrer des applications digitales telles que des plans, le contrôle-commande – déclencher l’éclairage en touchant la paroi… –, la fourniture d’informations sur le stockage d’énergie, sur les efforts repris…

Que vous attendez-vous à découvrir sur World of Concrete Europe ?

K. C. : Je souhaite y découvrir des innovations. Mais surtout, j’espère qu’il y aura une forte présence de personnes qui ont un pouvoir de décision, et qui viennent rencontrer un secteur qui est très conscient et impliqué dans les enjeux d’économie circulaire. 

Ce contenu vous est proposé par INTERMAT Paris, salon international de la construction et des infrastructures.

 

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