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Le camion électrique débarque en Normandie

| Reportage |

Dans son usine du Calvados, Volvo Trucks construit ses véhicules de moyen tonnage alimentés par batteries. Un atelier conçu sur mesure s'y consacre depuis mars dernier. Reportage.

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Les quatre box de l'atelier permettent de tenir une production de sept camions électriques par semaine. © Arnault Disdero / Le Moniteur Matériels
Blainville-sur-Orne, dans le Calvados. Son canal qui mène jusqu'à la mer et aux plages du débarquement. Son usine de camions aussi, construite sur le site des anciens Chantiers navals français (CNF). Une institution, désormais détenue par le groupe Volvo, premier employeur privé de Basse-Normandie avec quelque 1 700 salariés. C'est ici qu'il produit ses gammes de moyen tonnage, les modèles FL (10 t) à FE (26 t), ainsi que des véhicules de sa filiale Renault Trucks et des cabines pour DAF, son concurrent et néanmoins partenaire.
 
­Depuis mars 2020, elle y a également démarré la fabrication en série de ­camions tout-électriques. "Il s'agit pour le groupe de proposer des solutions face au défi urbain, au moment où les villes sont de plus en plus nombreuses à annoncer vouloir bannir le moteur thermique dans les années à venir", explique Rémi Lemoine, responsable des énergies alternatives de Volvo Trucks France.
 

« L'atelier est dimensionné pour faire face à la demande croissante de camions électriques. » Christophe Loyer, directeur de l'usine Volvo Trucks de Blainville-sur-Orne (Calvados)

 
L'assemblage suit le circuit classique. Comme les camions thermiques, la partie tôlerie-­emboutissage, la peinture et jusqu'au garnissage intérieur sont réalisés sur place, tandis que le montage se fait sur une chaîne de type "fishbone" (en "arrêtes de poisson", alimentée en permanence par les sous-ensembles préparés) cadencée pour produire 70 véhicules par jour. "Tout est relativement classique dans l'assemblage jusqu'à la motorisation. Contrairement aux modèles diesel et gaz, celle-ci se fait dans un atelier spécifique que nous avons conçu sur mesure", ­raconte notre guide, Christophe Loyer, directeur de l'usine. Baptisé E-Mob, ce bâtiment d'une ­superficie de 2 000 m2 contient tout le nécessaire à l'élaboration des composants électriques, à commencer par la multitude de pièces stockées à une extrémité de la halle.
 
Les "modular power box", ces unités grouillantes d'électronique destinées à piloter la machine, sont montées à proximité, tandis qu'un espace contigu est dévolu à l'inspection et à la préparation des moteurs. Les batteries, de marque Akasol, sont pour leur part stockées dans une zone sous température contrôlée. Au fond, les châssis à électrifier sont réceptionnés dans quatre box spécialement aménagés. "Nous pouvons assembler jusqu'à sept véhicules par semaine, soit 300 à l'année. Nous sommes dimensionnés pour faire face à la demande qui va croître", assure Christophe Loyer. "­Aujourd'hui, la production est aux deux tiers de ce niveau, mais elle permet un rodage de nos procédés de production et de nos équipes."

Rupture technologique

Parmi les modèles électriques sortis de cet atelier, essentiellement des porteurs FL et Renault D de 16 tonnes destinés à la distribution et des 26 tonnes FE et Renault D-Wide dédiés à la collecte des ordures ménagères, il en est un qui n'est pas passé inaperçu. Et pour cause : il s'agit du premier camion d'approche chantier 100 % électrique. Eiffage, son commanditaire, le destine à ses chantiers du Grand Paris Express, où il effectuera la livraison d'outils de démolition.
 
"C'est le début d'une rupture", assure Xavier Mony, directeur général d'Eiffage Génie Civil. "Nous comptons sur l'électrique dans notre mix de solutions technologiques pour faire diminuer notre empreinte carbone." Ce ­camion, un FE en version 6x2 d'un PTAC de 26 tonnes, intègre deux moteurs électriques de 200 kW. Ses quatre batteries lithium-ion peuvent être rechargées à 80 % en une heure via un module de charge rapide (six heures en charge lente).
 
Avant d'être mis en service, il est parti chez le carrossier Palfinger afin d'y recevoir un plateau de 5 200 mm et une grue en porte à faux de 3 145 mm. Sa mise en service a fait du bruit… Façon de parler !
 
> Retrouvez ce reportage dans son intégralité, accompagné des nombreuses photos légendées, dans le numéro du 9 octobre 2020 du Moniteur Matériels

Arnault Disdero