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A Chelles, le ferro fait sa thalasso

| Reportage |

À quelques encablures de Paris, TSO dispose de deux ateliers de maintenance de ses engins de ballastage et de renouvellement des voies. Des monstres enraillés bichonnés pour allonger leur durée de vie.

 

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STO à Chelles © Bruno Levy

Des locomotives, des wagons, des engins sur rails de toute part. Jusqu’au pas de la porte du siège. Aucun doute possible, nous voilà bien chez TSO. C’est ici, à Chelles, en Seine-et-Marne, à une vingtaine de kilomètres de Paris, que la filiale de NGE spécialisée dans les travaux ferroviaires entretient son parc de machines, valorisé à 360 millions d’euros. « L’emplacement n’a pas été choisi par hasard. Nous sommes embranchés sur le triage de Vaires-sur-Marne, sur la ligne Paris-Strasbourg », explique Laurent Lévêque, le directeur matériel du groupe, qui jouit d’un budget de 22 millions d’euros pour maintenir les équipements. Une soixantaine de salariés travaillent sous ses ordres, deux tiers d’entre eux se consacrant entièrement à la production. « Nos techniciens travaillent main dans la main avec les équipages. Sinon l’organisation est classique. Nous disposons de deux ateliers principaux, l’un dévolu aux machines de ballastage, l’autre aux engins de renouvellement des voies. »

Deux voies de 50 m de long pour accueillir les titans roulants

Direction donc le premier d’entre eux. Bourreuses, régaleuses, stabilisateurs… Tous les engins de réglage de la voie y passent à un moment donné de leur longue vie. Généralement à de multiples reprises. Sous le hangar, deux voies de 50 m de long accueillent les titans roulants. Leur particularité : sur toute leur longueur ont été placées des fosses, qui permettent aux techniciens d’aller trifouiller sous le châssis des machines, où se trouvent une partie de l’électronique embarquée et la panoplie d’outils de mesure. Deux ponts roulants, l’un de 5 tonnes, l’autre de 16 tonnes, offrent également la possibilité de soulever tout ou partie des monstres disséqués. Au programme aujourd’hui, une bourreuse 08-32U de Plasser-Framafer de 1990 à réviser et préparer entièrement avant son départ vers l’Uruguay, où elle officiera au moins trois ans durant sur un chantier de construction de près de 300 km de voies nouvelles. La régaleuse RGT30 à grande trémie en cours de peinture à ses côtés suivra le même chemin. Le travail est bien avancé, on peut déjà apercevoir des inscriptions en espagnol. À l’extérieur dort une bourreuse 108-475 S. Pour un peu, on croirait cette bientôt trentenaire sortie du nid. Entièrement rénovée, elle attend d’être réaffectée par Offroy, autre filiale de NGE qui a pour vocation de poser et entretenir les voies ferrées et installations terminales embranchées. Un peu plus loin, c’est une dégarnisseuse que l’on croise. « Ce matériel dont le coût d’achat oscille entre 12 à 14 millions d’euros nécessite 1 million d’entretien annuel », rappelle Laurent Lévêque. Les équipes s’activent sur sa chaîne, remplacée généralement au bout de seulement 60 à 80 km d’utilisation. Elle, c’est sur la LGV Paris-Lyon qu’elle partira, pour le chantier de RBRT en partenariat avec Colas Rail.

Un deuxième atelier pour les engins de renouvellement de voies

À 200 mètres, se trouve le second atelier, dédié aux engins de renouvellement des voies tels que la grue Kirow, le Boa qui renouvelle le rail à haut rendement, les dégarnisseuses, les VAD, etc. Les opérateurs, dont certains proviennent des équipages, sont occupés sur un bi-grue Crab 90. « C’est un matériel conçu et développé directement par TSO, sur la base d’un châssis automoteur sur lequel ont été greffées deux grues Ponticelli », détaille le directeur matériel. Les organes de roulement – bogies et essieux – sont en cours de révision chez Sifel. Il en ira de même pour le portique de pose de traverses et panneaux de voies posé un peu plus loin. Occasionnellement, certaines locomotives passent aussi entre les mains expertes des techniciens, qui, comme dans l’autre atelier, peuvent s’appuyer sur une série de box, pour les travaux d’électricité, d’hydraulique et de mécanique générale. « Nous disposons aussi d’un espace pour effectuer de la chaudronnerie, essentiellement de la découpe et de la soudure », indique Laurent Lévêque. Un Tractorail revenant du Royaume-Uni où il a bossé sur les chantiers du Crossrail, nouvelle ligne de chemin de fer de 117 km traversant Londres, se verra ainsi rafistolé. Une nouvelle jeunesse avant de regagner les chantiers de l’Hexagone.

 

Arnault Disdero