Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

La locomotive bi-mode Neo, taillée pour les travaux en tunnel

| |

Sur la base d'une V212, Eneria et Sifel proposent un groupe motopropulseur combinant thermique et électrique sur batteries. Les chantiers peuvent être menés sans émission polluante et avec un plus grand confort sonore.

Les sites web parasites sanctionnés !
La Neo intègre une motorisation électrique de 300 kW combinée à des batteries LiFePO4. © A. Disdero / Le Moniteur Matériels
L'heure n'est plus aux essais ! Après avoir notamment fait ses preuves récemment sur les chantiers Castor du RER C, la locomotive Neo vient d'entamer ses premiers travaux officiels. Du côté de Melun, en Seine-et-Marne, la machine bi-mode aidera jusqu'à la fin juin au renouvellement d'appareils de voie pour le compte de TSO. La première des trois phases est en cours et concerne le remplacement de quatre aiguillages et 500 m de voie. L'engin est chargé d'acheminer tour à tour la grue Kirow, le wagon pupitre et les portiques et lorrys automoteurs Geismar selon l'opération à mener.
 
"La Neo porte bien son nom : il s'agit du premier modèle de locomotive à combiner une traditionnelle motorisation diesel et un entraînement électrique sur batteries", explique Alexis Legendre, automaticien au sein de Sifel, la filiale de NGE dédiée à la reconstruction, la révision et la maintenance de locomotives et de locotracteurs de manœuvre utilisés sur les sites industriels embranchés.
 
Dotée de tous les agréments de circulation et de travail sur le réseau français, dont le fameux sésame IN1418, la machine a été conçue spécifiquement pour mener les travaux en tunnel. "Lorsqu'on l'utilise, on peut se passer des wagons épurateurs puisque, utilisée en mode électrique, la Neo ne dégage aucune émission polluante", confie Marouan Fanoussi, conducteur de travaux chez TSO. "Du coup, on ne risque pas les alertes pollution liées au taux élevé de CO2 qui interrompent inopinément nos chantiers." Autre bénéfice, la locomotive est bien moins bruyante lorsqu'elle travaille sur batteries. Ce qui lui ouvre des perspectives pour les chantiers en agglomération, où le confort des riverains prime.

Batteries amovibles de 2,5 tonnes

Pour développer cet engin original, Sifel a conclu un partenariat avec Eneria, la filiale de Bergerat-Monnoyeur spécialisée dans les motorisations sur mesure. C'est ainsi que la Neo, basée sur un châssis de V212, intègre une propulsion thermique bâtie sur un moteur Caterpillar C32 développant 900 kW avec une boîte de vitesses TR53 du même constructeur, le tout répondant à la norme antipollution Phase IIIb. Lui a été ajouté un mode d'entraînement électrique complètement inédit, qui comprend deux moteurs électriques de 300 kW au total puisant leurs ressources dans un pack de batteries amovible de 2,5 tonnes ! Ces accumulateurs de dernière génération lithium-fer-phosphate (LiFePO4) offrent une puissance de 210 kWh à grand rendement (97 %) et bénéficient d'une recharge en huit heures.
 
Les performances sont au rendez-vous : la Neo peut atteindre la vitesse maximale de 100 km/h avec des performances de traction comparables à la V212. Dans l'usage, l'approche du chantier se fait en mode diesel, tandis que l'électrique prend tout son sens lors des travaux.
 
En cabine, le conducteur n'est pas déboussolé. Pupitre et commandes sont strictement identiques à ceux de la V212, même si deux nouveaux écrans ont fait leur apparition, permettant notamment d'afficher le niveau d'utilisation des batteries. "Passer du mode thermique à l'électrique se fait au moyen d'un seul commutateur, et la machine est prête presque instantanément", indique Bouthar Hadirasso, conducteur de train chez TSO. La machine jouit également d'un système innovant de start & stop en mode thermique, de manière à limiter sa consommation de carburant.
 
Anticipant des demandes fortes à l'avenir pour ce type de matériel plus écologique, Sifel produit un second modèle de Neo. Une version optimisée de sa première machine mais dont les grandes lignes resteront les mêmes, particulièrement concernant le double entraînement.

Arnault Disdero