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La coloration du GNR dans l'œil du cyclone

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Les syndicats dénoncent la mise en place du nouveau marqueur tel qu'envisagée par le gouvernement, qui incomberait aux entreprises en lieu et place des pétroliers et distributeurs.

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. © Nexusseven / stock.adobe.com
La fin de l'avantage fiscal sur le gazole non routier (GNR) est actée. L'Assemblée nationale a voté le 1er juillet dernier sa suppression complète au 1er juillet 2021. Après des mois de tergiversations qui ont vu nombre de rebondissements - la dernière étant l'abandon de la progressivité de la disparition et son report pour permettre aux entreprises de faire aux difficultés économiques liées à la Covid-19 -, c'est désormais au tour de la couleur de ce carburant destiné aux engins de chantier de créer la polémique.
 
Le 22 juillet, s'est tenue au ministère de la Transition écologique une première réunion sur le devenir de la coloration rouge permettant de lutter contre les risques de vols, de vandalisme et de concurrence déloyale avec le secteur agricole. A l'issue de cet échange, l'ensemble des syndicats concernés - Evolis, DLR, FFB, FNTP, Capeb, Seimat, CNATP et Simotherm -  se sont entendus pour adresser une lettre ouverte au gouvernement.

Danger et manque de formation

La solution retenue par les autorités de faire appliquer la nouvelle coloration par utilisateurs ne passe pas. Les craintes sont multiples. Les organisations professionnelles pointent en premier lieu la dangerosité d'une telle démarche, en raison de la nature très hétérogène des moyens matériels et humains sur les chantiers.
 
L'autre grande accusation est le caractère inopérant d'un tel processus qui, dans des conditions normales d'exécution, est très encadré : personnel non formé à l'exercice, acquisition d'EPI spécifiques, dosage incertain, dangerosité des colorants et solvants, risques accrus de casse moteur avec des menaces de non prise en charge au titre de la garantie...

Nouveau coût pour les utilisateurs

En outre, le courrier dénonce une "double peine" financière. La suppression du GNR représentant pour la profession un coût estimé à 700 millions par an, les entreprises du BTP se verraient en effet subir les coûts associés à la coloration.
 
Pour les syndicats, qui en appellent à une nouvelle réunion dès le mois de septembre sous peine de forte mobilisation, seules deux options sont envisageables : la mise en place généralisée d'un gazole coloré BTP par les pétroliers, dans le prolongement de ce qui a été fait lors de la création du GNR rouge ; et, au niveau des distributeurs, l'adjonction du colorant dans les cuves des dépôts ou via un additiveur sur les camions de livraison.

Arnault Disdero