Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche

La chargeuse medium joue sur tous les terrains

| |

Grâce à leur robustesse et à leurs équipements, les modèles intermédiaires sont à l’aise partout. Focus sur ces engins qui portent la polyvalence en étendard.

Les sites web parasites sanctionnés !
La chargeuse 938M de Caterpillar . © Caterpillar
Le plus délicat, avec ces machines, c’est de les caractériser… Certains se réfèrent à leur tonnage, compris entre 12 et 17 tonnes en ordre de marche, d’autres à leur charge de basculement, de 10 à 12 tonnes, d’autres encore à la capa­cité d’emport de leur godet, qui varie de 2,5 à 3 m3. Quoi qu’il en soit, cette catégorie de chargeuses sur pneus que l’on pourrait qualifier de « medium » dans la large gamme – qui va des fluettes compactes aux mastodontes de carrière – sait se faire apprécier. Pas moins de 378 unités vendues en 2020, malgré un contexte commercial compliqué par les effets de la crise sanitaire, on peut dire que c’est un beau score, comparable à celui des excellentes années 2017 et?2018, et seulement 15 % en dessous du record de 2019.
 
Autant de machines que l’on retrouve sur une variété exceptionnelle de terrains, où elles taillent des croupières aux chariots télescopiques, qui passent de mode, les entreprises leur préférant aujourd’hui la robustesse et la productivité des chargeuses. Centrales à béton et à enrobés, industries de recyclage ou de retraitement des déchets, chantiers de terrassement pour de la reprise et du chargement, agglo­mération où elles servent notamment à déneiger les routes et à aménager les plages… Il n’y a pas grand-chose qui les effraie.
 
Cette polyvalence d’appli­cations est rendue possible par le catalogue d’accessoires qui leur est dédié. Rien que les godets comptent cinq déclinaisons : usage général, nivellement (avec lame renforcée), reprise (avec contre-lame en caoutchouc pour éviter d’abîmer le sol lorsqu’on le racle), déchets (modèles pourvus d’un abattant hydraulique) et à grande hauteur de déversement (GHD). Parmi les autres équipements qui leur sont adjoints, citons les tabliers porte-fourches, les pinces à bois, les étraves à neige ou encore les potences de levage.
 
Pour faire bonne mesure, les fabricants proposent systématiquement le montage en usine d’un porte-outils automatique. Dotée d’une ligne hydraulique de verrouillage, cette attache rapide est actionnable en cabine et permet de changer d’acces­soire en très peu de temps. Une option plébiscitée par 60 % des clients, les 40 % restant se contentant d’un montage direct de l’outil, pour des tâches répé­titives. Gage d’une belle vitalité du segment, tous les grands constructeurs – parmi lesquels les quatre principaux, qui trustent à eux seuls près de 80 % du marché : Caterpillar, Volvo, Liebherr et Komatsu – ont remis à jour leurs modèles ces deux dernières années. Et le passage à des moto­risations conformes à la Phase V des normes antipollution européennes n’est pas la seule innovation, loin s’en faut. Reprenant entièrement la conception, les bureaux d’études ont en premier lieu révisé la cinématique des bras de leurs machines respectives.
 
Aux traditionnels modes en Z et paral­lèle viennent souvent se greffer des dispositifs de correction horizontale électronique qui permettent de passer de l’un à l’autre, avec le cumul des avantages : force de cavage du godet d’un côté et maintien des fourches à plat de l’autre. C’est le cas du système PZ de Komatsu, par exemple. Volvo, lui, avait pris de l’avance en la matière à travers sa très perfectionnée cinématique TPL, une technologie qui demeure jusqu’à ce jour unique sur le marché. Autre inno­vation de taille, la transmission hydro­statique devient la norme. Elle a pris le pas sur la traditionnelle hydrodynamique. Elle procure des gains énergétiques certains, d’autant plus intéres­sants que les chargeuses medium sont souvent exploitées de manière intensive.
 
Autre avantage, elle donne du couple, même à bas régime, évite le patinage et offre du confort lorsqu’on fait un peu de route. Du côté des commandes, il y a aussi du neuf. Des manipulateurs de direction sont de plus en plus souvent prévus en option pour remplacer les coups de volant répé­titifs des cycles courts, qui peuvent engendrer fatigue voire troubles musculo-squelettiques. Enfin, le poste pneus est également à surveiller pour qui cherche à acquérir une telle machine. Il s’agira de se pencher sur les conditions d’utilisation. Les modèles L3 et L4 peuvent être suffisants pour des travaux de reprise et de chargement d’agrégats, mais un L5 sera indispensable dans les environnements les plus abrasifs (roches, matériaux verts…). Très courus dans l’industrie du recyclage, les pneus pleins suppriment, pour leur part, tout risque de crevaison, mais ils limitent cependant la vitesse à 20?km/h en engendrant un confort dégradé.

Arnault Disdero