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La chargeuse lourde, une valeur sûre

| Dossier |

Les modèles conçus pour le chargement client constituent le cœur du marché. Pour continuer à séduire, les constructeurs se montrent de plus en plus innovants. Etat des lieux.

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Disponibles dès ce mois d'octobre en Phase V, les modèles de la gamme XE de Caterpillar intègrent la transmission continue. © Caterpillar
Situés entre les chargeuses légères et polyvalentes utilisées par les agglomérations et les plus lourdes exploitées dans les carrières, les modèles dédiés au chargement client représentent près de la moitié des ventes en France. Un chiffre qui est loin d'être surprenant, car, avec leurs capacités de godet de 3 à 5 m3, ces machines sont toutes désignées pour les applications liées au BTP. On les retrouve partout où des matériaux compacts (gravats, déblais…) ou souples (sable, graviers…) sont à transférer dans la benne d'un camion.
 
Sur ce marché dynamique en constante croissance - 1 200 ventes en 2018, soit une hausse de 38% sur les quatre dernières années - porté essentiellement par les terrassiers et les carriers (qui ont fort à faire avec les chantiers du Grand Paris notamment), trois fabricants se taillent la part du lion. Caterpillar fait la course en tête, avec plus du tiers du gâteau, suivi par Liebherr et Volvo qui, chacun, totalisent peu ou prou un quart des ventes. La raison de la domination de ces trois mastodontes ? Le besoin des clients de recourir à une machine robuste et d'avoir accès à un service après-vente réactif. Moins présentes sur le sol français pour cette typologie de matériels, les marques Komatsu, Doosan, Case ou encore Hitachi ont également de belles choses à proposer. D'autant que les attentes des utilisateurs sont grandes pour ce qui relève de la technologie. Car si elle est peu polyvalente de prime abord, la chargeuse de 3 à 5 m3 se contente de moins en moins des seules tâches rébarbatives. Il n'est plus rare de la voir par exemple réaliser du nivellement ou du déstockage. Et même dans ses opérations les plus quotidiennes de cycle court, le défi de la productivité reste essentiel.
 
C'est poussés par cette attente que les bureaux d'études ont largement amélioré leur copie. Le saut technologique est d'ailleurs assez exceptionnel lorsque l'on compare les modèles d'aujourd'hui à ceux sortis il y a à peine cinq ans. Ainsi, rares sont les constructeurs à ne pas proposer l'option de système de pesée intégrée, qui est demandée dans plus de 80% des cas par l'acheteur. Ce qui était un must est devenu conventionnel. Du point de vue du design, l'évolution la plus notable de ces dernières années est venue de la cinématique en Z des bras, qui permet un levage parfaitement vertical – et donc un chargement de benne bien plus facile. Elle aussi est désormais la norme pour l'ensemble des constructeurs, à l'exception notable de Volvo. Le géant suédois y est toutefois déjà passé pour ses pelles minières, on ne voit pas pour quelle raison il ne s'y mettrait pas lui aussi…
 
La grande révolution est cependant bien plus cachée : les ingénieurs se sont évertués à développer des transmissions à variation continue (dites CVT). Certains constructeurs ont conçu leur propre système, d'autres se sont adossés à des équipementiers comme le renommé ZF, qui fournit Liebherr et Doosan. Dans les faits, ils autorisent la même chose, à savoir l'utilisation de la transmission mécanique en relais de l'hydraulique, à partir de 3 ou 4 km/h. Sans à-coups. Les bénéfices : une puissance et un couple maximisés, une vitesse de pointe augmentée (certaines chargeuses montent à 40 km/h) et, aspect non négligeable avec les prix actuels du gazole, une consommation de carburant abaissée jusqu'à 25%. On peut aussi y ajouter une moindre usure des pneus, un poste conséquent sur ce type de machines. Le meilleur des mondes, en somme, qui allie rentabilité et performances. Pour encore aller plus loin, certaines machines proposent en sus des systèmes d'antipatinage, gérant à la fois le verrouillage des différentiels des ponts avant et arrière et le couple moteur.
 
Autre changement de taille, le joystick de direction est en passe de supplanter le traditionnel volant, pour le plus grand confort de l'opérateur. Caterpillar a fait le choix radical de faire disparaître cet élément suranné, de même que Liebherr, à travers sa plateforme de commandes Intusi qui sera intégrée dans tous ses nouveaux modèles. Le constructeur allemand gardera tout de même l'option du volant, pour les nostalgiques. Last but not least, des progrès sont apparus en termes de sécurité pour le chauffeur et l'ensemble du chantier. De nombreux équipements viennent désormais compléter les chargeuses lourdes, tels que la ceinture trois points, le détecteur de présence à l'arrière (parfois assorti d'un système de frein), la caméra 360°…
 

Les principaux acteurs

 
Caterpillar
Le géant américain est, sans surprise, leader sur le marché français des chargeuses lourdes. Il revendique plus du tiers des ventes. Une performance qui s'explique par la robustesse de ses machines, par un SAV très présent à travers le réseau Bergerat Monnoyeur, mais aussi par des innovations technologiques, notamment dans le domaine du rendement énergétique grâce à un groupe motopropulseur et des circuits hydrauliques et de refroidissement intelligents.
 
Komatsu
Le constructeur multiplie les versions de ses machines. Si le design et la technologie sont conçues au Japon, elles sont fabriquées en Europe pour répondre aux besoins particuliers de ce marché. Elles intègrent ainsi d'ores et déjà les motorisations compatibles Phase V. Les modèles dotés de capacité de godet supérieur à 3 m3 délaissent par ailleurs la transmission hydrostatique pour le Powershift, un système maison qui contient un convertisseur.
 
Liebherr
Autre grand fabricant avec Cat et Volvo sur ce segment des chargeuses lourdes, l'Allemand qui truste un quart des ventes en France se distingue par ses équipements haut de gamme optionnels : détection active de personnes, capteurs de surveillance de pression des pneus, éclairage adaptatif, etc. Évidemment, Liebherr a développé son propre système d'entraînement à puissance divisée, en partenariat avec ZF. Baptisé Power-split, il est intégré en standard sur ses modèles X-Power.
 
Volvo
Le constructeur suédois a créé l'événement en avril, lors de Bauma à Munich, en annonçant qu'il équipera ses modèles compacts uniquement de motorisations électriques. Sa gamme de chargeuses lourdes n'est pas en reste, grâce à un prototype hybride qui est testé depuis deux ans. Une façon de prendre en compte la problématique de la consommation de carburant et de démontrer le savoir-faire technologique du groupe.

Arnault Disdero

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