Suivez-nous Suivre Le Moniteur Matériels sur facebook Suivre Le Moniteur Matériels sur Linked In Suivre Le Moniteur Matériels sur twitter RSS Moniteur Matériels
Menu Recherche
  • Accueil
  • R&D
  • Colas : "L'expérience de l'utilisateur est la boussole de notre transformation"

Colas : "L'expérience de l'utilisateur est la boussole de notre transformation"

| Interview |

Route du futur, matériels connectés, compagnons "augmentés"… Le directeur général adjoint prospective, développement et recherche de Colas fait le point sur le déploiement des technologies numériques au sein du groupe.

Les sites web parasites sanctionnés !
Bernard Sala est le directeur général adjoint prospective, développement et recherche de Colas. © Bruno Levy/Le Moniteur Matériels

Quel est le fil directeur de vos innovations ?

Nos développements partent systématiquement d'une étude fine des usages et d'une observation du terrain. C'est une logique qui préside à tous nos projets, notamment ceux relatifs à la route de "cinquième génération". Aujourd'hui, les ouvrages ne peuvent plus se limiter à être de simples supports à la mobilité. Ils doivent articuler une série de fonctions additionnelles, afin de fournir de nouveaux services aux utilisateurs finaux et aux gestionnaires d'infrastructures. Chercher à améliorer l'expérience de l'utilisateur : voilà la vraie boussole de notre transformation numérique.
 

Des solutions préfigurent-elles cette route de nouvelle génération ?

Pour illustrer la dynamique à l'œuvre, on peut citer notre expérimentation Wattway, qui fait de la route une productrice d'énergie exploitable par des systèmes connexes. Nos offres de services développées par "Mobility by Colas" en constituent d'autres expressions. Ici, la voirie devient intelligente pour évoluer au gré des besoins. Nous venons notamment de lancer la plateforme Anaïs. Elle vise à identifier les zones à risques, pour mieux aiguiller nos clients dans leur décision de réaménagement routier. Elle s'appuie sur un algorithme qui traite les données collectées par une flotte de véhicules lors de leurs déplacements, telles que les mouvements horizontaux, les accélérations et les freinages.
 

Sur les chantiers, vos équipes sont-elles concernées par cette transformation numérique ?

Comme tous les Français, nos conducteurs de travaux, compagnons et ingénieurs ont accès à des technologies avancées dans leur vie privée : smartphones, ordinateurs portables, voire assistants digitaux. Nous avons le devoir de proposer des solutions équivalentes dans le cadre professionnel. Combler, au moins partiellement, cet écart fait partie de nos objectifs. Ce pourquoi nous avons codéveloppé avec la start-up RB3D l'Exopush, un exosquelette qui assiste le compagnon lors du tirage des enrobés. Nous travaillons également sur des équipements de protection individuelle, tels que le casque connecté Oscar qui facilite les communications sur le chantier et améliore la sécurité. Au niveau du groupe Bouygues, nous suivons aussi de près le projet de manchon connecté, qui informe le compagnon sur son écosystème de travail. Toutes ces solutions concourent à une appréhension correcte de l'environnement, une sécurité et une efficience accrues. C'est l'idée du compagnon "augmenté".
 

Les machines franchissent-elles aussi un palier en termes de connectivité ?

Nous œuvrons sur ce sujet avec nos partenaires industriels. Notre collaboration avec Volvo, par exemple, débouchera sur une machine bardée de capteurs et capable de déployer une "bulle de sécurité" pour prévenir le risque de collision avec les acteurs du chantier. Alertes sonores et vibrations dans les commandes informeront le conducteur du danger. Les constructeurs ont pris la mesure de nos attentes et commencent à proposer des matériels intégrant non seulement du guidage, mais aussi un asservissement des mouvements. Lorsque les données seront suffisantes, on peut même imaginer que le chauffeur d'une excavation bénéficiera sur sa vitre d'une réalité augmentée qui lui permettra de visualiser en surimpression les sous-sols et canalisations existantes pour ensuite terrasser sereinement. Nous n'en sommes pas encore là, mais nous nous en rapprochons chaque jour.
 

Derrière ces évolutions se profile la question du big data. Quel est le niveau de maturité de Colas sur ce sujet ?

A mon sens, les données qui ont le plus de valeur sont celles qui traduisent les usages et comportements dans nos métiers. Elles nous permettent de construire des solutions innovantes et de répondre à de réelles problématiques. à ce jour, notre stratégie de management des datas métier est en cours de développement. Il nous faut encore travailler sur la qualité de nos données et l'intégration de nouvelles extérieures à notre société. Ces actions forment une brique de notre plan stratégique.
 

Le numérique peut-il également accompagner la formation des professionnels ?

Un cas d'usage démontre le potentiel des outils digitaux à ce niveau. Nous nous sommes rapprochés de la start-up Immersive Factory pour concevoir un module de formation en réalité virtuelle, qui reproduit le contexte d'un chantier. Un compagnon peut éprouver ses pratiques et percevoir les risques associés. Croyez-moi, vivre la collision avec un compacteur, le risque physique et la douleur en moins, est une expérience saisissante et riche d'enseignements. Je tiens à souligner que nous nous inscrivons là dans une logique open source ; nous n'avons pas de contrat d'exclusivité avec cette start-up. La sécurité est un sujet fondamental, qui ne doit pas être l'apanage d'une seule entreprise.
 

Recherchez-vous de nouveaux profils pour accompagner votre mutation ?

Nous engageons régulièrement des collaborateurs susceptibles d'appréhender et de développer les solutions de demain. Concept designer, BIM manager et data scientists font désormais partie de nos équipes. Pour autant, la connaissance du métier reste un prérequis indispensable. Le profil parfait, c'est un technicien qui dispose de tous les fondamentaux et d'une connaissance fine de nos métiers, couplés à l'ensemble des expertises attendues dans un monde digital. Le genre de professionnel à même d'évoluer dans un monde fait de données et qui intégrera demain l'intelligence artificielle.
 
Propos recueillis par Jérémy Bellanger et Arnault Disdero

Arnault Disdero

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus