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Au lac d'Hossegor, l'équipement du parfait dragueur

| Reportage |

Patins larges et huile hydraulique biodégradable de rigueur. Sur le chantier landais, le sable et les contraintes environnementales ont nécessité d'adapter les matériels.

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La partie terrestre du chantier a été opérée par une flotte d'engins spécialement configurés. © Hervé Prenat
Le dragage du lac marin d'Hossegor, dans le département des Landes, mené sur près d'un kilomètre carré, fut un chantier marquant. Près de 130 000 m3 de sable en ont été extraits puis déposés pour engraisser la plage du Santocha et ainsi protéger son trait de côte. Mais pour y parvenir, la mise en œuvre d'une drague suceuse ne pouvait suffire ; en effet, les travaux comportaient une zone de 10 000 m3 qui devait être traitée uniquement par moyen terrestre. Une tâche opérée en sous-traitance par l'entreprise Loca64 et qui a consisté, d'une part, à la réalisation de deux bassins de décantation pour la réception du sable issu du dragage et, d'autre part, à leur entretien. Les équipes étaient aussi chargées du reprofilage du fond du lac et d'une partie des berges.
 
De manière à satisfaire les associations et les autorités, extrêmement vigilantes vis-à-vis des moyens employés car soucieuses de sauvegarder les installations ostréicoles et le patrimoine naturel hébergeant de nombreuses espèces protégées dans et autour du lac, de nombreuses mesures exceptionnelles ont été mises en place. D'autant plus que les contraintes environnementales n'étaient pas les seules à s'imposer aux équipes : délai maximal d'un mois de travaux, faible portance du sol due à des poches de vase, travail lors des marées…
 

Des engins dûment sélectionnés

Pour parer à toutes ces problématiques, la direction de l'entreprise a procédé à une sélection stricte des matériels utilisés et a demandé leur adaptation. Ce sont ainsi deux tombereaux HM300, un bulldozer D61PX et trois pelles de 17 à 42 tonnes, tous de marque Komatsu, qui ont été adoptés. La plus grosse excavatrice, chargée de l'entretien des bassins, a été munie d'un godet de 1 000 litres et de patins de 850 mm. Surtout, elle emportait une flèche de 22,5 m, de manière à pouvoir travailler depuis les digues périphériques et en conséquence éviter le recours à la descente d'engins dans les bassins, ce qui aurait engendré des risques d'enlisement.
 
Les autres pelles ont été dotées de tuiles de 1 400 mm. Pour donner un ordre d'idée, cet équipement a permis à l'excavatrice PC170 LGP ("low ground pressure") d'appliquer une pression au sol de 195 g/m2, soit la moitié de celle d'un homme ! Le bouteur, un modèle LGP également, a de son côté reçu des tuiles plus larges. Pour améliorer leur portance et limiter là aussi les risques d'enlisement, car une partie des zones de travaux était à effectuer sur des sables vaseux particulièrement meubles, les deux tombereaux n'ont été chargés qu'à 70% de leur charge utile. Ceci cumulé aux pneus spéciaux de 1 m de large a permis un allègement de 50% de leur pression au sol.
 

Objectif écologique atteint

Pour parer à toute éventualité et venir au secours de ces machines, une quatrième excavatrice de 30 tonnes, elle aussi à patins larges, a été prévue à l'abord du chantier pour disposer d'un engin de traction en cas de besoin, tandis qu'un stock de moufles et de câbles était mis à disposition sur le chantier. Tous ces matériels intégraient d'origine des freins automatiques. Il a fallu rendre possible leur débrayage. Un système indispensable en cas de panne, pour procéder au remorquage.
 
Côté hydraulique, l'ensemble des engins ont été pourvus d'huiles biodégradables de marque Panolin, de manière à ce que les éventuelles fuites ne viennent pas impacter l'environnement. Dans le même ordre d'idée, ils incorporaient un système de graissage centralisé utilisant là aussi une graisse biodégradable spécifique sans danger pour la faune et la flore du lac. Un dispositif courant dans l'industrie mais qui est encore rare dans le BTP. Enfin, l'utilisation lors des phases de finition d'un guidage GPS, via une station de base Topcon positionnée sur une plateforme en béton dédiée placée dans une zone à sec, fut d'une grande utilité, en particulier lors du travail masqué par des poches d'eau. Elle a autorisé le maintien du plan de coupe de terrassement sans risque de surexcavation. Outre la précision du rendu, elle a permis d'éviter le déploiement de personnels au sol et, partant, d'améliorer leur sécurité.
 
In fine, la mise en place de ces dispositions a permis de limiter les risques d'enlisement et de garantir au maximum l'absence de pollution, point primordial sur ce site sensible. Le chantier a été réalisé en deux postes par jour, à chaque marée basse, durant les sept jours de la semaine. Malgré quelques frayeurs dans les zones à faible portance, les travaux se sont passés sans encombre majeur.

Hervé Prenat

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