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L'électrique à l'assaut des tunnels

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Pour limiter ou supprimer la pollution en espace confinés, les matériels fonctionnant sur batteries se multiplient sur le marché. Une tendance de fond.

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Depuis 2019, Epiroc propose une gamme de modèles électriques : chargeuse ST?14, foreuse E2?et dumper MT42. © Epiroc
Les tunnels ne peuvent plus être des espaces pollués qui font peser un risque sanitaire pour ceux qui y travaillent. Pour rendre l'air à nouveau respirable, les machines basses ou zéro émissions ont donc le vent en poupe, et les batteries embarquées restent la solution privilégiée. C'est le cas par exemple de l'option proposée par la société Aramine à travers sa mini-chargeuse de 5 tonnes 100% électrique, baptisée L140B. Lancé dès 2005, cet engin compact, capable de transporter 1,4 tonne, disposait d'une bobine de câble afin de le brancher sur le secteur. Un dispositif remplacé en 2017 par des batteries lithium-ion rechargeables, lesquelles sont devenues remplaçables selon le principe du plug-and-play à la fin 2018.
 
Le pack peut dorénavant être soulevé avec un simple palan pour être remplacé par un module préalablement chargé. "Il fallait auparavant ramener la machine sur son poste de charge lorsque les batteries étaient vides", explique Arnaud Paul, directeur commercial équipement d'Aramine. "Ce principe de batterie autonome rechargeable sur une plateforme permet d'assurer une continuité de service." Le constructeur aixois ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et entend monter en tonnage sur ses chargeuses autonomes électriques, surfant ainsi sur la tendance du zéro émission dans les travaux souterrains.

Une réduction des coûts de ventilation

L'industriel Epiroc déploie une stratégie similaire. Sélectionné par la Commission européenne pour coordonner le projet SIMS Mining visant à penser la mine du futur, le fabricant a capitalisé sur ce projet de recherches pour livrer, dès 2019, ses nouvelles générations de foreuses, chargeuses et dumpers autonomes sur batteries. Sa chargeuse de 14 tonnes ST 14 (290 kWh) de même que son dumper de 42 tonnes MT42 (580 kWh) sont ainsi alimentés par une technologie de mini-batteries identiques à celles utilisées dans les appareils électroniques standards. Agencées dans des modules plats, elles permettent de mieux distribuer l'énergie et de ne pas entraver le fonctionnement de la machine en cas de défaillance d'une ou plusieurs piles. C'est pourquoi le ST 14 embarque pas moins de 21 504 petites piles !

Des débouchés inattendus

Adepte de l'électrification, Epiroc s'était autrefois heurté aux limites de cette technologie qui ne permettait pas d'entraîner des engins de fort tonnage. Cet obstacle ayant pour partie disparu, la société suédoise compte, d'ici à 2025, convertir dix chargeuses de 3,5 à 18 tonnes, en plus de modèles intermédiaires qui n'existaient pas dans le segment jusqu'à 10 tonnes, mais aussi un tombereau de 20 tonnes, ainsi que plusieurs foreuses et boulonneuses. Comme c'est le cas pour la chargeuse de 14 tonnes, le constructeur fait même l'impasse sur la Phase V pour passer directement aux moteurs sur batteries. "Nous avons fait le choix industriel de lancer des modèles totalement zéro émission et qui s'adaptent à des projets prêts pour l'électrification", précise Jean-Baptiste Corona, directeur d'Epiroc France. "Cette solution permet des gains immédiats grâce à la réduction des coûts de mise en œuvre et de maintenance des systèmes de ventilation."
 
Si JCB n'a pas développé d'engins dédiés spécifiquement au segment tunnel, il s'est lancé récemment dans l'alimentation électrique autonome avec une nacelle ciseaux au plomb, sortie en 2018, une mini-pelle de 2 tonnes à batteries lithium-ion en mai 2019 et enfin, la même année, un Teletruk, premier chariot élévateur industriel à flèche télescopique de 3 tonnes, disponible dans une version batteries au plomb. Sa pelle 19 C E-Tec, conçue au départ pour travailler en espace confiné, notamment sur les chantiers de déconstruction, et dont 300 unités ont déjà été vendues à ce jour, a trouvé des débouchés inattendus en tunnels, puisqu'une dizaine opère sur les chantiers du Grand Paris. "Nous allons progressivement électrifier notre gamme de 10 à 60 kWh et, au-delà, concevoir des moteurs thermiques propres en visant à l'horizon 2033 à incorporer 100% de biodiesel dans nos machines", précise Philippe Girard, le président de JCB France.

Steve Carpentier