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Kubota KX019-4 LPG : une pelle qui met les gaz

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Après une journée aux commandes de ce modèle de pré-série de mini-excavatrice alimentée au GPL, les testeurs de Technique-TP livrent en exclusivité leurs impressions aux lecteurs du Moniteur Matériels.

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La Kubota KX019-4 LPG au travail. © Technique-TP
Le concessionnaire alsacien Altodis TP a mis à la disposition de l'équipe de Technique-TP une mini-pelle de pré-série Kubota KX019-4 LPG. Cette machine possède la particularité d'être alimentée au GPL. Tout simplement une première sur le marché des engins de TP ! Pour le reste, cette excavatrice de 1 800 kg dispose d'une tourelle conventionnelle et est équipée d'un canopy de protection, de chenilles en caoutchouc et d'un châssis à voie variable.
 
Lors de l'essai, la machine était montée d'un godet et d'une attache rapide de marque ACB-Morin. Sur la flèche, le vérin de levage est placé à l'arrière et les flexibles passent à l'intérieur du caisson ; ces deux points sont très appréciés par les loueurs car ils permettent d'éviter les risques de chocs. De conception moderne, cette flèche de bonne facture dispose de pièces moulées aux endroits de forte contrainte (pieds de flèche et fourche de balancier) ; le balancier est constitué principalement d'un "U" soudé sur une plaque frontale et les flexibles passent, ici encore, à l'intérieur.

Maintenance parfois compliquée

La plateforme de conduite dégage un bon espace pour les jambes. On déplorera l'absence en standard de l'option d'avancement aux pieds : à chaque déplacement, il s'agit de lâcher les manipulateurs pour aller chercher les manettes d'avancement. L'accélérateur moteur est rotatif électrique, ce qui supprime les câbles dans la tourelle. Malheureusement, ce canopy n'est pas basculant, ce qui oblige à un démontage fastidieux des trappes de plancher ou celles placées derrière le siège pour accéder aux flexibles inférieurs ou à la partie arrière du moteur. Un capot en acier bien protégé permet l'accès au moteur en partie arrière.
 

Quel que soit son gabarit, l'opérateur disposera d'un bon espace en cabine.


La motorisation repose sur une base "essence" modifiée pour une alimentation au gaz GPL (un carburant issu d'un mix entre le gaz naturel et d'hydrocarbures issus du raffinage du pétrole). Cette option économique (peu de surcoût de fabrication, car déjà développé pour d'autres types d'engins) donne une alternative aux machines électriques, en fournissant toutefois une approche différente, la machine conservant un moteur somme toute assez classique. La bouteille de GPL est placée à l'horizontale derrière le siège de l'opérateur. Elle est montée sur un portique basculant avec vérin d'assistance à azote pour en faciliter le basculement. L'autonomie (non vérifiée !) affiche 8 heures de travail, une petite cartouche assurant une sécurité en cas de bouteille vide pour pouvoir déplacer la machine. Le démontage est simple à effectuer.

Puissance et silence

Le châssis dispose d'un réglage de largeur hydraulique, pour rétrécir cette mini-pelle et lui permettre de passer des portes d'un mètre de large, ce qui la rends polyvalente. La découpe des longerons inférieurs permet un bon dégagement de la terre au niveau des galets. La lame paraît solide, mais les gros montants retiennent la terre en terrains gras, et sur une machine conventionnelle le contrepoids vient frotter dans cette terre lorsqu'on oriente lame levée. Le vérin de déport est placé sur la droite, de façon à augmenter sa puissance en déport à droite (le côté où le chauffeur va le plus déporter, en raison de la meilleure visibilité). Pour une machine dédiée en priorité à la location, l'option d'un "vérin à gauche" (donc visible du chauffeur quelle que soit la position de la flèche) aurait peut-être été une meilleure solution.
 
Placée à l'horizontale derrière le siège, la bouteille de GPL se change facilement.
 
Au travail, les testeurs ont été positivement surpris par le comportement du moteur. Déjà plus silencieux qu'un diésel traditionnel, son couple leur a paru bien adapté aux sollicitations de l'hydraulique (alors que les moteurs à essence ont la réputation d'être peu "coupleux"). Cette mini-pelle se révèle en outre puissante et souple. Essayée dans de la terre compacte, le verdict est positif : la machine arrache correctement sans que le moteur accuse le coup. Les mouvements sont bien coordonnés et la vitesse de cycles dans la bonne moyenne.

Alternative crédible au diesel

A noter toutefois que le déport utilise la même pompe que la rotation. Sollicités en même temps, la machine ralentit. Pour de meilleures performances globales, il aurait été plus judicieux de l'entraîner avec la même pompe que le balancier. Aux travaux de lame, en revanche, la machine pousse fort avec la possibilité d'avoir une option de passage automatique de la vitesse d'avancement (un gros avantage, qui évite de changer en permanence de vitesse manuellement). Le multifonction "avancement + équipement" est vraiment efficace et permet de réaliser des mouvements combinés facilement, même pour un opérateur peu expérimenté.
 
Globalement, cette pelle est plaisante à utiliser. L'entraînement GPL est certainement une alternative crédible au diesel pour les travaux urbains. Le sérieux de la marque Kubota et de son réseau de distribution n'étant plus à faire, reste à voir comment la clientèle adhère à cette nouvelle option énergétique, au même titre que l'électrique.

Hervé Prenat (Technique-TP)