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WA475-10 : la chargeuse Komatsu se réinvente

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Les opérateurs de Technique-TP ont pris les manettes du premier modèle livré en France. Voici leurs impressions, en exclusivité pour les lecteurs du Moniteur Matériels.

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La WA475-10 est entraînée par une transmission à variation continue. © Technique-TP
Komatsu vient de présenter ses nouvelles chargeuses WA475-10 [lire notre article "Avec la WA475-10, Komatsu repart sur de nouvelles bases" publié dans le magazine daté du 20 décembre 2019, page 22]. Il n'a pas fallu plus de quelques semaines pour que l'équipe de Technique-TP puisse prendre en main la machine, la première mise en activité sur le sol français. C'est le loueur Loca64 qui a été le plus rapide à s'offrir ce nouveau modèle et permis ce véritable essai terrain.
 
La WA475-10 n'est pas une énième évolution. Il s'agit bien d'une chargeuse totalement repensée et redessinée, avec un bon point quant à la fiabilité : tous les composants sont siglés Komatsu. Le moteur de 11 litres de cylindrée développe 295 chevaux et répond à la norme antipollution Phase V. La transmission est une version à variation continue (CVT), cumulant le principe Powershift avec de l'hydrostatique : au chargement du godet, la transmission est principalement hydrostatique, en déplacement principalement mécanique. Les ponts sont livrés en version standard (comme ici sur la version essayée), mais une option avec des ponts autobloquants LSD est également proposée. Les pneumatiques, en taille 26.5R25, sont ici des Michelin XHA2. Le godet à lame possède une contenance de 4 700 litres. Enfin, la largeur hors-tout est de 2,99 m, ce qui autorise un déplacement en première catégorie. Voici pour la présentation générale.

Cabine ergonomique

Direction les entrailles : le grand capot moteur dispose de trappes d'accès au niveau d'huile moteur, au filtre à air et au gazole, aux refroidisseurs et, à l'arrière, au ventilateur réversible. Ce capot basculant hydrauliquement pour les gros entretiens est composé de quatre parties individuelles démontables fixées sur un cadre pour minimiser les frais en cas de choc.
 
 
 
La cabine est, elle aussi, entièrement nouvelle. Elle dispose de deux portières en vis-à-vis, ce qui améliore la sécurité tout en permettant un nettoyage aisé lors de soufflage avec un compresseur (une option disponible au catalogue). Le volume intérieur est important ; le chauffeur, quel que soit son gabarit, sera à l'aise, grâce aux multiples réglages du siège (avec ceinture 4-points), de la console droite et du volant. La climatisation est particulièrement efficace, la visibilité excellente et l'insonorisation très convenable - une transmission CVT étant plus bruyante, ce détail est important ! Les boutons, en nombre restreint, sont positionnés principalement à droite, avec des symboles simples à comprendre. Le tableau de bord central, lui, est très fonctionnel et bien lisible. Le fabricant propose, en option, un joystick de direction et un monolevier d'équipement.

Accélération automatique

Komatsu a fait le choix de donner à l'opérateur un accès direct à deux fonctions permises par la transmission CVT : un potentiomètre rotatif qui sait gérer la vitesse d'avancement et un interrupteur à impulsion qui contrôle la poussée de l'engin. Ces deux fonctions offrent la possibilité d'adapter la chargeuse au travail sans rentrer dans un menu d'ordinateur. Le tableau de bord dispose de trois étages de données : un étage "travail" avec son écran standard, un étage "chauffeur" avec tous les réglages de travail, un étage "mécano" (accessible avec un code) remplaçant la traditionnelle valise et donnant la possibilité de vérifier toutes les données et de paramétrer/modifier les valeurs de l'engin.
 
 
Au travail, l'excellente fermeture du godet et la grosse puissance hydraulique de cavage/levage aident bien au remplissage du godet. L'accélération moteur est gérée automatiquement en fonction de la charge, et non plus par la pédale dédiée. Lorsqu'on manœuvre le levage du godet, l'engin accélère seul pour s'adapter à la demande. Idem en transmission : lorsque la chargeuse a atteint sa vitesse programmée, elle redescend en régime seule et maintient la vitesse d'avancement. Lors du chargement du godet au tas (ou du gravissement de rampes), le moteur accélère seul suivant la demande d'effort, ceci permettant de maintenir une consommation la plus faible possible. Au début, ça déroute un peu le chauffeur !

Système de traction efficace

L'hydraulique dispose d'une fonction automatique pour secouer le godet (et décoller les matériaux, par exemple). Nous avons pu travailler sur des sols gras avec des matériaux lourds (densité 2). Dans ces conditions, on a pu se rendre compte de la grande efficacité du système de traction (K-TCS), qui permet d'adapter le couple de poussée à l'adhérence du sol. Même dans des conditions extrêmes, il n'y a pas de patinage, c'est bluffant. Nous disposions d'une bascule, la version essayée pesait 26,45 tonnes tous pleins faits. Vu la densité des matériaux du site, nous avons pu régulièrement charger les godets à plus de 10 tonnes, et constater une stabilité dynamique très convenable.
 
Globalement, on a adoré cette chargeuse par ses qualités techniques, son confort et ses excellentes performances. On déplore toutefois que la nouvelle cabine ne soit pas basculante, ce qui aurait permis un accès facile à la transmission. Plus anecdotique, l'aménagement intérieur manque un peu de couleur et la garde au sol sous le contrepoids mériterait une bonne dizaine de centimètres de plus. Nous avons pu relever les consommations en production et, sur la période de travail, nous avons constaté une moyenne à 18,4 l/h avec moins de 20% de ralenti, ce qui est excellent vu les conditions de travail difficiles du site exploité.
 
> Lire aussi notre article "La chargeuse lourde, une valeur sûre"
 

Hervé Prenat (Technique-TP)