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Kiloutou veut faire passer le courant

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Le loueur a mis en place des actions concrètes pour convaincre ses clients de la pertinence technique de matériels électriques encore victimes d’a priori.

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Kiloutou veut faire passer le courant © BENOIT GRELLET

Réduire de 40 % ses émissions directes de CO2 d’ici à 2030 : tel est l’objectif que s’est lancé Kiloutou en début d’année, dans le cadre de sa stratégie environnementale. Le loueur a ainsi notamment réalisé 94 % de ses investissements dans du matériel motorisé de terrassement et d’élévation faiblement émissif (Stage V, électrique, hybride ou bi-énergie).

 

Problème : l’électrique ne convainc pas l’ensemble de ses clients. Pour les amener à revoir leur jugement, il a décidé d’organiser, en mai dernier, sa première édition des Rencontres du matériel durable. Cet événement, qu’il souhaite pluriannuel, réunit l’ensemble des acteurs de la filière des matériels de construction pour échanger autour des enjeux économiques, humains et technologiques du verdissement des parcs. « Quand on prête attention à la faillite subite de Blackstone arrêtant du jour au lendemain de financer toutes ses activités pétrolières, cela fait réfléchir. En tant que loueur, nous sommes obligés d’anticiper la transition énergétique des parcs qui, je crois, sera plus rapide que prévue. Demain, tous les acteurs qui n’auront pas fait les efforts nécessaires pourraient se retrouver en difficulté pour financer leur croissance », estime Pierre Knoché, directeur général France de Kiloutou.

 

En complément, le groupe est également à l’initiative de journées de sensibilisation en régions, durant lesquelles il fait venir des fournisseurs et des clients afin de démontrer les performances des matériels électriques. « Souvent, nos clients sont persuadés que leur matériel tourne entre huit et neuf heures par jour et que six heures d’autonomie ne suffisent pas. Or, la plupart du temps, la machine n’est pas en pleine charge et fonctionne au ralenti. D’où l’intérêt de l’électrique qui, contrairement au thermique, ne consomme rien au ralenti. Finalement, en utilisation effective, la charge sur la journée suffit à l’usage prévu », explique-t-il. Un guide comparant les performances de plusieurs machines électriques avec des équivalents thermiques a d’ailleurs été édité en ce sens par le loueur pour informer les utilisateurs.

Un retour d’expérience requis

Le groupe met par ailleurs en place des chantiers tests pour ses principaux clients nationaux avec la mise à disposition d’un engin alternatif. « Pour nous, c’est aussi un moyen de collecter des retours d’expérience, de comprendre les usages de nos matériels et d’identifier les contraintes qui peuvent se poser. Nous sommes sur des gammes relativement nouvelles et cela nous permet d’affiner notre offre et d’apporter des solutions complémentaires », ajoute le directeur général France. Rien de mieux non plus pour accompagner ses clients que des collaborateurs convaincus. Dans son centre technique de Lesquin (Hauts-de-France) où il teste et référence les matériels, le loueur forme ses équipes commerciales et ses techniciens. « C’est dans l’ADN de Kiloutou d’être en avance sur son marché, et c’est en plus une image d’entreprise extrêmement importante pour le recrutement et la fidélisation de clients. »

 

À moyen et long terme, la stratégie du groupe s’oriente vers une baisse de ses émissions directes (scope 1 et 2) et indirectes (scope 3) pour envisager même d’atteindre la neutralité carbone en 2050. « En 2011, nous avons été le premier loueur à réaliser le bilan carbone de notre activité et nous nous sommes ainsi rapidement rendu compte que c’est au niveau du scope 3 [NDLR, les émissions issues de l’utilisation de ses matériels par ses clients] que les émissions sont les plus conséquentes comptant pour 93 % de notre bilan carbone », indique Pierre Knoché. Pour les réduire, il accélère donc ses investissements matériels. Il vient de lancer une nouvelle gamme, baptisée Impakt, composée d’une cinquantaine de références d'engins faiblement émissifs. « Nous proposons notamment des dumpers, des pilonneuses, des pelles électriques de 1,7 t et 2,5 t, des chargeuses compactes de 200, 600 et 800 l côté terrassement. En parallèle, nous avons aussi converti des découpeuses et des scies à sol thermiques en électriques, et ajouté des nacelles articulées hybrides de 17 et 20 m. 41 % de nos engins motorisés de terrassement et d’élévation fonctionnent ainsi avec des énergies alternatives (Stage V compris) », détaille-t-il. Au total, plus de 3 500 engins alternatifs composent le parc et, une progression de 50 % vers ces types d’énergie est attendue en 2022 par rapport à 2021.

 

Retrouvez l'article complet dans le n°6163 du Moniteur Matériels "Spécial Location".

Charlotte Divet