Extension portuaire contre vents et marées

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Depuis février 2021, Charier lutte contre les éléments afin de réaliser un agrandissement de digue.

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La digue mobilise près de 80 personnes et 30 engins. © Gaël Arnaud / Charier

Le port de La Turballe, en Loire-Atlantique, vit une véritable métamorphose. En effet, depuis février dernier, des travaux d’extension de sa digue donnent lieu à un bal d’engins éclectiques et de toutes tailles.

 

L’entreprise de travaux publics Charier est en charge de la première phase de ce chantier colossal, porté par le syndicat mixte Les Ports de Loire-Atlantique, à hauteur de 35 millions d’euros : « C’est un chantier multitechnique qui réunit des ateliers nautiques, des travaux aquatiques, de génie civil et de terrassement », s’enthousiasme Damien Denis-Laroque, responsable qualité de cette société basée à Couëron (Loire-Atlantique).

 

Ce sont ainsi près de 80 personnes qui s’affairent chaque jour sur la digue, avec une trentaine de machines : chargeuses, grues, pelles, chariots télescopiques, bulldozers, tombereaux… Mais, outre son envergure, le chantier se distingue par la fabrication et la pose de Xblocs – blocs de béton emboîtables conçus pour protéger la digue et dont l’entreprise portugaise Carldora a fourni les moules. « Ce n’est pas un chantier classique pour nous, car c’est la première fois que nous posons des Xblocs sur mer ouverte », explique Jérôme Petitjean, conducteur de travaux de terrassement.

 

Pour déplacer les Xblocs à pied d’œuvre, une chargeuse Caterpillar de 32 t est spécifiquement équipée de fourches-supports adaptées sur mesure. Quant à la mise à l’eau, une grue de 180 t Sennebogen et une pelle Caterpillar de 120 t avec une portée de 24 m s’en chargent.

 

Tel un puzzle, 4 000Xblocs numérotés seront ainsi assemblés et calés le long de la digue, à l’aide d’un GPS maritime, sous l’œil expert de plongeurs. « Les principales contraintes de ce chantier sont la marée –  nous n’intervenons qu’à marée basse – et la météo – nous sommes soumis aux vents dominants et à la houle, et avons déjà dû stopper le chantier une cinquantaine de jours », précise Antoine Thaury, directeur de travaux.

Un portique mobile sur mesure

Mais l’originalité du chantier ne s’arrête pas là. Pour la fabrication de murs anti-franchissement, l’entreprise Charier s’est également adressée à Carldora pour la conception sur mesure d’un portique mobile. « Un outil sur roues hydrauliques avec télécommande, auquel sont suspendues des peaux de coffrage, un prototype de 3,5 m sur 3,5 m. Chaque jour, nous fabriquons un élément de mur, soit 11,70 m. Au final, ce sont 552 m de mur que nous aurons réalisés », explique Fabien Jaouen, conducteur de travaux de génie civil.

 

L’atout majeur de cet outil ? Son faible encombrement sur la digue. Ainsi, le passage des tombereaux est permis là où, sinon, trois équipements auraient pris beaucoup de place.

Tenir les riverains informés

Quant aux Turballais, ils sont nombreux à vouloir découvrir ce chantier. Aussi Charier a-t-il décidé de l’ouvrir au public, le temps de visites encadrées. « Nous avons organisé des portes ouvertes en octobre. Nous attendions une centaine de personnes, elles ont été près de 650 à faire le déplacement, se réjouit Damien Denis-Laroque.

 

Visible de loin, ce chantier interroge et fascine ! » Des panneaux pédagogiques ont aussi été installés pour mettre les riverains au courant du projet qui accueillera bientôt la base de maintenance EDF Renouvelables du premier parc éolien offshore de France, selon Damien Denis-Laroque, qui lance une nouvelle invitation au public : « Prochaine visite au printemps 2022 ! »

 

Elodie Cerqueira