Evolis s'engage pour réhabiliter l'industrie française

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L’organisation professionnelle de l’industrie des biens d’équipement et des machines entend pousser plus loin son accompagnement afin de soutenir l’outil de production français et les activités de ses adhérents pour relever les défis actuels majeurs que sont notamment la décarbonation et la digitalisation.

 

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De gauche à droite : Alexandre Guillaume, président de l'entreprise MS adhérente d'Evolis, Jean-Claude Fayat, président d'Evolis et Olivier Dario, délégué général d'Evolis. © Le Moniteur Matériels

Avec un déficit commercial de 100 milliards d’euros notamment dû aux délocalisations massives passées, l’industrie française accuse un retard significatif par rapport à certains pays européens voisins. En comparaison avec l’Allemagne, par exemple, elle compte ainsi deux fois moins d’ETI sur son territoire. Pourtant, l’organisation professionnelle Evolis en est convaincue: « l’industrie est un outil de souveraineté nationale et de dynamisme économique » qu’il convient de revaloriser. « La réponse aux enjeux actuels de nos secteurs est technologique. C’est pourquoi, à mon sens, les défis de la décarbonation et de la digitalisation, à relever collectivement, constituent plus que jamais des opportunités pour réhabiliter l’industrie française qui souffre à tort d’une image usée », a déclaré Jean-Claude Fayat, président d’Evolis.

Investir et soutenir

Pour ce faire, l’investissement et le soutien vers le développement et le déploiement d’innovations durables et digitales est l’un des axes stratégiques majeurs pour redresser l’industrie française. Et, dans son rôle d’accompagnement, Evolis a déjà, sur ce sujet, contribué en 2020 à l’entrée en vigueur de la subvention « industrie du futur » dans le cadre du plan France Relance. Une opération qui a connu un franc succès. Les guichets réservés aux dépôts des demandes d’aides ouverts fin 2020 puis en mai 2021, ont été contraints, en raison de l’afflux des dossiers de fermer précipitamment. Pour le 1er guichet, les crédits budgétaires de 360 millions, prévus pour deux ans, ont ainsi été consommés en deux mois tandis que l’enveloppe de 175 millions en 2021, prévue pour s’étaler sur deux mois, a été dépensée en cinq jours. Aujourd’hui, France 2030 s’inscrit dans la continuité des actions de développement de l’industrie française.

Des entreprises moins enclines à investir

Cependant, malgré la demande soutenue, le plan de relance économique du gouvernement et le surcroît de liquidité accumulé par certaines entreprises en période pandémique, plusieurs freins à l’investissement subsistent. En effet, les conditions d’accès au crédit se durcissent, les coûts augmentent avec l’inflation et les difficultés d’approvisionnement et de recrutement restent handicapantes. L’investissement productif devrait ainsi évoluer en 2022 modestement de +1,5 pour reculer probablement de -0,8 en 2023. La part des entreprises déclarant prévoir un investissement en hausse en machines et équipements en 2022 (28,1 %) est moindre qu’en 2021 (36,4), d’après une étude Insee.

 

Pour autant, porté notamment par une augmentation de près de 10 % des ventes à l’export, le chiffre d’affaires pour l’ensemble des secteurs Evolis devrait croître de +5 à +8 % en 2022. Pour 2023, l’organisation professionnelle anticipe même des évolutions de +5 à +9 % au global dont +7 % sur le marché domestique.

Le défi de l’attractivité de l’industrie

D’autre part, former et solutionner le recrutement sont deux autres conditions essentielles à la réhabilitation de l’industrie pour Evolis. En novembre, 59 % des entreprises ont déclaré rencontrer des difficultés de recrutement. C’est l’un des plus hauts niveaux depuis 1991. Au 3e trimestre, la DARES (NDLR, la direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques) prévoit d’ailleurs 53 265 postes vacants dans le secteur de l’industrie.

 

Face à cette situation, avec ses 600 entreprises adhérentes, Evolis entend donc œuvrer pour revaloriser l’image du secteur. « Nous avons constitué une organisation professionnelle qui a pour objectif de mettre en lumière un maillon indispensable de la chaîne de valeur de l’industrie hexagonale. Décideurs, pouvoirs publics, entreprises, grand public… Nous avons à cœur de redorer l’image de notre secteur d’activité qui n’a de cesse de s’adapter aux changements de paradigmes et participe au rayonnement de l’industrie tricolore », confirme Jean-Claude Fayat.

Olivier Dario, délégué général d’Evolis rappelle également que « le secteur de l’industrie a besoin d’une politique européenne de protection et non de contraintes. ». 

 

 

 

 

 

*Evolis est né de la fusion de trois organisations professionnelles : Cisma, Symop et Profluid. L’organisation représente les acteurs issus des biens d’équipement et des machines pour la production industrielle à destination de toutes les filières industrielles.

 

Charlotte Divet