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Engins électriques : entretien spécifique exigé

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Les fabricants recourant de plus en plus aux batteries pour leurs motorisations, il devient urgent de prendre en compte les risques afférents lors des opérations de maintenance.

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En fonction des travaux à réaliser, différentes habilitations électriques sont nécessaires aux opérateurs. © Bernard Rondeau
Les exigences accrues en matière de diminution des nuisances (pollution, poussières et bruit) sur les chantiers poussent les fabricants à se tourner vers l'électrique pour la motorisation de leurs engins. Cette évolution a été rendue possible par les progrès réalisés dans le stockage de l'énergie, à travers des batteries ou des supercondensateurs de plus en plus performants. La traction électrique est ainsi couramment utilisée pour les chariots élévateurs, les nacelles et autres petits matériels. Désormais, on la voit aussi apparaître sur des pelles hydrauliques, tombereaux, compacteurs, foreuses… Les plus gros modèles bénéficient le plus souvent de motorisations hybrides.
 
Cela représente un gros changement, car jusque-là l'utilisation de l'électricité dans les engins était principalement centrée sur les dispositifs de commande, contrôle et signalisation, avec des tensions inférieures à 60 V et des batteries de faible capacité. L'arrivée de la traction électrique a conduit les constructeurs à augmenter la capacité des batteries, mais également le niveau de tension, ou même à utiliser des supercondensateurs. Il convient donc de s'interroger sur les risques potentiels liés à ces évolutions.

De nouvelles compétences indispensables

L'utilisation de ces matériels ne présente pas en soi de risque électrique, car leur conception garantit la mise hors de portée des pièces sous tension. Cependant, lors d'opérations de maintenance ou lorsque le circuit électrique de traction est endommagé, des mesures particulières doivent être prises. D'autant que la traction électrique utilisée pour les déplacements ou la motorisation de mouvement sur les engins nécessite l'emploi de batteries de plus grande capacité. En cas de court-circuit, ces batteries peuvent entraîner des brûlures importantes, y compris pour des circuits dont les tensions sont inférieures à 60 V. 
 
Lorsque les puissances deviennent plus importantes, les constructeurs élèvent le niveau de tension jusqu'à plusieurs centaines de volts afin de diminuer la section des câbles. Il y alors un risque d'électrisation en cas de contact avec une pièce nue sous tension. L'arrivée de ces matériels va donc nécessiter de nouvelles compétences techniques, ainsi que la prise en compte de ces risques d'électrisation ou de court-circuit, en particulier chez les mécaniciens.

La réglementation précise les mesures de prévention

La prévention du risque électrique en cas de réalisation d'opérations sur des véhicules ou engins à motorisation électrique ou hybrides ayant une source d'énergie embarquée est définie dans la norme NF C 18-550, adossée à une réglementation très complète. Cette norme précise les rôles et les responsabilités, les procédures et les mesures de prévention à mettre en œuvre pour garantir la sécurité des personnels lors des manipulations. Elle définit également les compétences et les niveaux d'habilitation exigés après formation pour réaliser les différentes opérations.
 
Les seuils nécessitant une habilitation sont les suivants :
- en courant continu, une différence de potentiel nominale supérieure à 60 V ;
- en courant alternatif, une différence de potentiel supérieure à 25 V ;
- pour les batteries, une capacité supérieure à 180 Ah.

Des habilitations selon la nature des opérations

Pour réaliser ces travaux, les instructions doivent être données par l'employeur aux opérateurs. Le premier des principes de prévention est de supprimer le risque à la source en mettant le circuit hors tension. A défaut, de protéger les personnes du risque électrique par la mise hors de portée ou par éloignement, en interposant des obstacles ou en posant des nappes isolantes ou des écrans.
 
L'opérateur doit par ailleurs se protéger par le port d'équipements de protection individuelle (gants isolants, écran facial, vêtement non propagateur de la flamme) et utiliser un outillage spécifique. En fonction des travaux à réaliser, différentes habilitations électriques sont nécessaires. Elles sont délivrées par l'employeur après une formation adaptée au niveau visé. À noter que les salariés titulaires d'une telle habilitation doivent faire l'objet d'un suivi médical renforcé.

Le cas particulier des travaux sur les packs batteries

Les travaux de réparation des packs batteries de traction nécessitent la connexion ou la déconnexion de ceux-ci sans pouvoir couper la tension, qui est présente dès que la batterie est chargée. Ces opérations sont classées dans les travaux sous tension (TST). Les seuils fixés dans la norme pour ces TST sont une tension supérieure à 60 V ou une capacité totale supérieure à 180 Ah.
 
Ces manipulations sont autorisées par la réglementation française mais nécessitent des compétences spécifiques et une habilitation électrique « travaux sous tension », après formation dans un organisme de formation agréé par le ministère du Travail. Les modes opératoires à respecter sont décrits dans les normes de la série NF C 18-505. La liste des centres agréés est accessible sur le site du ministère et de l'Organisme des travaux sous tension sur les installations électriques (ORG TST-IE).
 
Didier Petitcolas, responsable de domaine Energies Réseaux à l'OPPBTP