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DLR : "Les loueurs attendent des accords gagnant/gagnant avec leurs clients"

| Interview |

Alors que la location est devenue déterminante dans la stratégie de gestion de parcs de matériels des entreprises, le président du DLR, Bertrand Carret, veut redonner du poids aux loueurs.

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Bertrand Carret, président du DLR © Rodolphe Escher/ Le Moniteur Matériels
Les professionnels de la location ont-ils le moral  ?
Le dernier congrès du DLR a permis de confirmer ce que l’on ressentait déjà : la profession a le sourire. Et pour cause ! L’activité se développe à nouveau et les entreprises améliorent leurs positions, comme en témoigne le baromètre du début d’année 2017 qui fait état d’une croissance à deux chiffres pour les loueurs de matériels de BTP. Toutes proportions gardées, les acteurs locaux enregistrent même des croissances supérieures à celles de nos deux leaders nationaux. Cette tendance positive reste néanmoins à pondérer en fonction de la taille des entreprises et des régions concernées, mais globalement on peut dire que le climat se maintient au beau fixe. L'année en cours s’inscrit dans la lignée des bons résultats de 2016, avec une augmentation de l’investissement et une meilleure rotation du parc, même si l’on regrette une tension persistante sur les prix alors que la qualité des matériels ne cesse de croître.
 
La reprise vous paraît-elle solide ?
Chacun peut constater la hausse des permis de construire et des autorisations de chantier. Les promoteurs qui ont redémarré un an plus tôt n’ont plus de stock et relancent des chantiers. De plus, les taux d’intérêt restent très accessibles et la fiscalité s’améliore avec l’abandon de lois qui ont perturbé le marché. Côté travaux publics, on perçoit également un frémissement dû aux travaux urbains qui prennent le relais des grands projets. Pour un temps, il faut faire le deuil de ces grands chantiers autoroutiers ou de lignes à grande vitesse ; l’activité se concentrera de plus en plus dans les grandes agglomérations et leur périphérie.
 
La surcapacité du parc de location est-elle en voie d’être traitée ?
Depuis de nombreuses années, l’offre est supérieure à la demande. C’est en partie pour cette raison que les prix baissent au lieu de suivre la valeur croissante des matériels. Même si les grands loueurs ont moins investi ces cinq dernières années et ont allongé la durée de vie des engins, il y a encore des parcs avec de la disponibilité, exception faite de quelques lignes de produits comme les grues à tour. Mais on constate vraiment que certaines gammes sont de plus en plus disputées, ce qui contribue à rééquilibrer le rapport de force avec nos clients les plus importants.
 
Comment analysez-vous les relations avec vos clients et fournisseurs ?
Dans les deux cas, ce sont bien souvent des acteurs de taille mondiale. Côté client – et c’est une particularité française –, nous comptons de très nombreuses filiales de grands groupes. Notre position centrale nous amène à porter l’investissement, le risque financier, technique... C’est pourquoi, nous souhaiterions des accords un peu plus gagnant/gagnant avec nos clients. Nous respectons évidemment nos grands clients, mais ils ne doivent pas oublier que ce sont les conditions générales de location qui s’appliquent, et non les conditions d’achat.
 
Comment faire évoluer cette asymétrie dans vos rapports ?
Il nous faut bien communiquer auprès de nos fournisseurs et clients. Le DLR est en train de s’étoffer avec différents syndicats professionnels qui le rejoignent : grues à tour, modulaires… Il regroupe désormais l’ensemble des acteurs de l’industrie et du chantier, ce qui permet une discussion plus équilibrée avec nos homologues de la  Fédération du bâtiment, de celle des travaux publics et autres. Lorsque l’on est mieux connu et reconnu, on est plus respecté.
 
Quel regard portez-vous sur la concentration du marché de la location ces dernières années ?
Il est vrai que les deux leaders français ont racheté de nombreuses entreprises. Mais leur part de marché reste bien inférieure à celle que l’on observe dans d’autres secteurs. Il subsiste donc un espace de marché. Aujourd’hui, des sociétés régionales tendent à devenir multirégionales. C’est le cas de Freche Location dans le Sud-Est, ou encore de Salti qui devient presque national. à une autre échelle, il y a également de nouveaux loueurs qui s’installent avec une agence unique. Le jeu reste donc ouvert.
 
Le fonds de compensation de la TVA est-il toujoursun cheval de bataille ?
C’est notre rôle en tant que fédération de représenter nos adhérents devant les pouvoirs publics. Sur ce sujet, nous soutenons une logique d’équité. Lorsqu’une mairie achète un bien, elle est en droit de récupérer la TVA ; nous souhaitons qu’il en soit de même quand elle loue. Nous espérons donc que le nouveau gouvernement sera sensible à cette proposition qui va dans le sens d’une réduction de l’endettement des collectivités et permet aux contribuables de payer moins d’impôts locaux. Cette idée fait son chemin et sera sûrement reprise, en relation avec d’autres syndicats professionnels tels que la location de voitures, de camions industriels ou autres.
 

Jeremy Bellanger

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