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Des trains-usines à l'assaut de la caténaire

| Dossier |

On connaît les suites-rapides pour le renouvellement des voies. Demain, d'autres engins spéciaux à haut rendement s'occuperont des caténaires. Une première.

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Sur le chantier du RER C, quatre machines spéciales assureront le renouvellement de 1 400 m de caténaires par nuit. © TSO Caténaires
D'ici à 2024, 180 km de caténaires seront renouvelés sur la ligne C du RER, entre la bibliothèque François-Mitterrand à Paris et Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne. Ce chantier hors norme devrait démarrer dans le courant du premier trimestre. Ce ne sera pas le seul ! Le réseau ferroviaire français a vieilli. Il faut le moderniser. Il y a urgence. Les lignes de 1 500 volts, qui se situent principalement dans le sud parisien et datent de 1925 pour les plus vieilles, sont obsolètes. Quant à celles de 25 000 volts, les premiers tronçons à en être équipés l'ont été il y a plus de soixante ans… Face à l'augmentation du trafic et à l'explosion du nombre de passagers, des centaines de kilomètres d'infrastructures doivent désormais être remplacées.
 

Une révolution pour la caténaire

En 2016, le plan de modernisation du réseau ferroviaire, dévoilé quatre ans plus tôt au gouvernement par SNCF Réseau, entrait dans une nouvelle phase avec l'attribution de trois nouveaux marchés de suites-rapides dédiées au remplacement des rails, ballast et traverses pour la période 2018-2024, créant, de l'aveu même de Philippe Boetti, directeur général délégué de Matisa France, "une dynamique que l'on n'avait pas connue ces trente dernières années". Deux ans plus tard, le renouvellement des caténaires s'apprête à son tour à faire sa révolution en ayant lui aussi recours à des trains-usines.
 
Les enjeux sont énormes et les défis techniques… colossaux. D'un montant de 277 millions d'euros, le contrat de la ligne C du RER a été signé le 2 février 2017 par le groupement RC2 emmené par TSO Caténaires, associé à Setec Ferroviaire, Mobility et ETF. Ce chantier a nécessité le développement de suites-rapides caténaires spécifiquement dédiées à cette zone dense. Ces travaux ne monopoliseront pas moins de 150 personnes et nécessiteront l'intervention de quatre trains-usines pour atteindre les objectifs fixés par SNCF Réseau, à savoir le renouvellement de 1 400 m de caténaires par nuit (contre 800 à 1 000 m en moyenne pour le renouvellement des voies).
 

Lignes exploitées durant le chantier

Quatre lignes classiques du réseau ferré national, confiées au groupement Colas Rail-TSO Caténaires, ne nécessiteront, elles, qu'un ou deux trains-usines, en fonction du voltage (1 500 ou 25 000 V), car à la différence de la ligne C les fondations seront conservées. Un souci de moins, même si là encore les défis techniques restent nombreux. "Se réimplanter, y compris sur l'existant, n'est pas anodin. Il y a toujours un risque de déstabiliser les voies", rappelle Fabrice Collée, directeur matériel de TSO Caténaires.
 
Dans un cas comme dans l'autre, les équipes des deux groupements doivent travailler d'arrache-pied pour honorer les délais et les contraintes techniques imposées par SNCF Réseau. Et pour cause : inventer de nouveaux matériels et de nouveaux process prend du temps. Un luxe dont les entreprises ne disposaient pas. "Le premier appel d'offres date d'avril 2016", se souvient Denis Bodin, chef de projet à la direction générale des opérations suites-rapides de SNCF Réseau. En janvier 2017, un nouvel appel d'offres "optimisé" est lancé, mais il faudra attendre mars de la même année pour que celui-ci soit attribué, au terme d'une troisième et ultime relance. "C'est la première fois que des travaux de cette envergure se tiendront sur des lignes qui resteront exploitées, avec des centaines de milliers de voyageurs qui continueront à les emprunter chaque jour", explique Denis Bodin.
 

Nouvelle génération de caténaires

En cinq ans, l'investissement en régénération voies et caténaires sur les réseaux d'Île-de-France a été multiplié par deux pour s'établir à 620 millions d'euros en 2016. Et il s'est élevé à près de 800 millions d'euros en 2017. Dans ce vaste plan, des caténaires dites "hautement performantes" remplaceront les anciennes. Elles pourront notamment autoriser des écarts de température allant jusqu'à 70 °C, contre 40 °C actuellement. Les travaux auront lieu de nuit, sur des plages de cinq à six heures. Et pas question de mordre sur le planning.
 
"Sur seulement 30 km de plateformes, nous serons confrontés à de multiples défis, atteste Fabrice Collée. Sur la ligne C du RER, nous devrons remplacer de nombreux poteaux qui ne se ressemblent pas : certains sont en béton, d'autres en acier, avec des diamètres et des configurations qui supposent des montages différents." Les nouveaux matériels imaginés et développés par les entreprises sous-traitantes devront être capables de faire face à tous ces cas de figure. Les interruptions temporaires de circulation sont réservées trois ans à l'avance. Ne pas rendre les lignes au petit matin n'est tout bonnement pas envisageable.

Hakim Bendaoud

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