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David Courtin (JLG) : "Résilience et innovation"

| Interview |

La crise n'a pas entamé les ambitions du spécialiste de l'élévation JLG. Après une année chamboulée, son directeur des ventes pour l'Europe du Sud et l'Afrique du Nord dévoile une feuille de route tournée vers l'électrification des gammes.

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David Courtin, directeur des ventes pour l'Europe du Sud et l'Afrique du Nord de JLG. © David Courtin

Comment l'activité de JLG a-t-elle été affectée en 2020 ?

Nous n'avons pas été totalement pris de court. Nous avions anticipé un léger ralentissement de l'activité, de l'ordre de 10 %, à partir de 2020. Le long cycle de croissance du marché, ponctué par deux années record, ne pouvait pas durer. Mais personne ne s'était attendu à vivre l'année que nous avons connue et l'effondrement de 30 % du marché ! Le segment des nacelles à flèche, articulée comme télescopique, a été le plus touché. Les ventes de nacelles à mâts verticaux ont mieux résisté, en raison de leur utilisation principale dans l'industrie et la distribution, des secteurs qui ont globalement moins souffert et qui ont redémarré plus vite. Parmi nos clients, les loueurs, qui constituent plus de 70 % de notre portefeuille et qui sont très tournés BTP, ont stoppé net leurs investissements de manière très brusque dès le départ de la crise. Surtout les nationaux et grands régionaux. Mais en définitive, il a plus été question de reports de livraison que d'annulations. L'année 2020 ne restera évidemment pas gravée dans les annales de JLG. Nous pouvons cependant nous consoler en considérant que nous avons suivi l'évolution de l'activité et que nos parts de marché n'ont pas été affectées. Nous nous sommes montrés résilients. La crise a constitué un bon test et a révélé notre capacité à réagir et à rebondir.
 

Quelles perspectives se dégagent pour 2021 ?

La reprise, constatée dès juillet dernier et plus encore à partir de septembre sous l'effet du redémarrage des chantiers de BTP, est incontestablement présente. Sur le dernier trimestre de l'an dernier et le premier de cette année, les commandes ont augmenté de 60 % par rapport aux niveaux très hauts constatés un an auparavant, avant la crise. Le marché s'est comporté de manière beaucoup plus positive qu'attendu, avec un effet de rattrapage conséquent. Cela nous permet d'envisager une phase de stabilisation sur l'ensemble de l'année 2021, avec sans doute une accélération à partir de septembre-octobre. On peut s'attendre à ce que l'an prochain la croissance soit de nouveau au rendez-vous, de l'ordre de 15 à 20 %. Mais les pics de 2019 ne devraient pas être atteints de nouveau avant 2024.
 

À quels nouveaux challenges êtes-vous confrontés ?

La gestion de la production a été tendue en 2020. Nous n'avions pas prévu un rattrapage aussi important, nos plans ont été revus à la hausse pour s'ajuster à la demande. Jouer sur les stocks nous a permis de compenser et faire face aux demandes dans un premier temps. Aujourd'hui, nos usines poursuivent leurs ajustements pour retrouver une cadence plus habituelle. Néanmoins, nous devons faire face aux difficultés d'approvisionnement en composants et matières premières. Les fournisseurs se sont basés, eux aussi, sur les prévisions basses… Or l'activité est bien plus soutenue que prévu ! Du coup, nous sommes confrontés à des tensions en termes de logistique et de prix. C'est pourquoi les délais de livraison se sont allongés pour nos clients, d'autant que le transport maritime est compliqué en ce moment. Le retour à la normale est prévu au cours de l'année 2021. C'est désormais plus une question de semaines que de mois.
 

Quelle est la stratégie du groupe en matière de transition énergétique ?

 
Poussés par un sens civique autant que par des contraintes réglementaires que l'on voit naître un peu partout en Europe, telles que les zones à faibles émissions instaurées dans les métropoles, de nombreux dirigeants d'entreprises, grandes et petites, prennent des engagements par rapport à l'environnement. On assiste très clairement à une hausse de la demande en termes de machines "zéro émission". Nous sommes persuadés que le secteur de la nacelle va suivre celui de l'automobile, c'est pourquoi l'électrification de la gamme est en tête de la feuille de route de JLG. En 2019, lors du salon allemand Bauma, nous avions déjà présenté une première mondiale : deux modèles de nacelles articulées électriques de 16 et 18 m. Baptisés EC450AJ et EC520AJ, ils sont basés sur des batteries lithium et possèdent les mêmes performances que leurs équivalents thermiques. Ces produits ont été mis sur le marché l'an passé. La nacelle ciseaux 100 % électrique AE1932 DaVinci va prendre le même chemin dans les prochains mois, elle est déjà disponible à la commande. Cette machine qui se passe d'hydraulique est à la fois sans émission, sans pollution sonore et sans risque de fuite. Idéal donc pour des sites tels que les hôpitaux, les musées, les data centers…
 

Les innovations technologiques au sein du catalogue JLG vont plus loin que l'électrique…

Nous avons effectivement par exemple revu entièrement nos deux gammes de ciseaux tout terrain RT (à moteur diesel) et ERT (électrique), de manière à les rendre bien plus productives et à réduire au maximum leurs coûts de maintenance. Les modèles RT offre la possibilité d'intégrer un double essieu oscillant, qui stabilise la plateforme en fonction des obstacles rencontrés. C'est une belle innovation. Nos produits sont aussi toujours plus connectés. Si notre télématique ClearSky n'est pas nouvelle, elle offre toujours davantage de fonctions, comme l'analyseur à distance qui rassemble toutes les données techniques pour prévoir la maintenance et supprime le besoin de déplacement des techniciens pour faire des diagnostics. Evoquons également notre appli de réalité augmentée. Téléchargeable sur tablettes et téléphones mobiles, elle permet de visualiser la machine JLG de son choix sur terrain réel, de manière à vérifier qu'elle fait l'affaire dans le contexte du chantier. Enfin, sachez que notre maison mère, le groupe Oshkosh, a réalisé il y a quelques mois un gros investissement en acquérant Pratt Miller, une société spécialisée en robotique et en intelligence artificielle. De quoi booster les innovations au sein de nos bureaux d'études ! Tout est imaginable.

Arnault Disdero