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Ce qu'attendent les directeurs matériel

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Réunis par Le Moniteur Matériels, les gestionnaires de parc ont soumis leurs attentes à leurs partenaires industriels. L'occasion de se mobiliser autour d'un cahier des charges commun.

Les sites web parasites sanctionnés !
Les acteurs du secteur s'étaient donné rendez-vous fin 2019 aux salons Hoche, à Paris. © Arnault Disdero / Le Moniteur Matériels
Exploitation des données, environnement et sécurité sur les chantiers. Ces trois grands enjeux figurent sur le podium des préoccupations des directeurs matériels réunis, aux côtés d'industriels, dans les salons Hoche, à Paris, en octobre dernier. Et pour cause. Ces problématiques ont un impact direct sur la composition et la gestion des parcs de machines.

La pertinence de la donnée

Derrière la fameuse "data" se profile une amélioration de la disponibilité des engins et de leur maintenance préventive. Mais pour y parvenir, encore faut-il se concentrer sur des informations précises, claires et simples. "Il faut vulgariser et rendre l'information accessible pour que tout le monde s'en empare, depuis le responsable de parc jusqu'aux techniciens", confirme Richard Lohier, directeur matériel de Spie Fondations. Une analyse partagée par son confrère d'Eurovia, Fabrice Blanc. "Je suis plus intéressé par la consommation de carburant et le nombre d'arrêts que par le taux d'usure d'un siège en fonction du poids du conducteur", résume-t-il avec humour pour rappeler l'ordre des priorités. Traiter l'urgence avant de viser le rêve ultime du prédictif ou de l'automatisation totale.
 
La machine connectée doit d'abord se conjuguer au présent. Permettre l'interopérabilité des données, quel que soit le fabricant, est une première étape à franchir. Voilà pourquoi chaque industriel se conforme désormais à l'EMP2, pour offrir une lecture homogène des informations émises par une flotte. Indispensables aux utilisateurs, ces indicateurs le sont également pour les loueurs, qui "partagent les mêmes problématiques que leurs clients et espèrent en plus y dénicher le moyen de rentabiliser encore davantage leurs investissements", analyse François Renault, de Kiloutou. Avant de préciser que les industriels, eux aussi, sont concernés. "Connaître la vie d'un matériel et son utilisation est important. C'est ainsi que le constructeur peut faire évoluer son offre", rappelle le directeur matériel du loueur.

L'exigence environnementale

Autre thème fédérateur, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de particules suppose aussi une coordination de tous. Cette ambition, certains comme Richard Lohier la font même apparaître dans leur cahier des charges : "Nous réclamons des systèmes de mise au ralenti, voire une réduction de la puissance moteur lorsque c'est pertinent." Chez Kiloutou, le message à destination des fournisseurs est également sans équivoque : "Pas question de jouer avec la flexibilité sur le passage à la Phase V. Dès 2020, nous saisirons les solutions viables présentes sur le marché. Plus que le prix de vente, c'est le coût total de possession et la baisse des consommations qui nous importent", surenchérit François Renault. Une politique qui le mène tout naturellement vers les matériels électriques. "Si les constructeurs s'engagent, nous serons à leurs côtés pour les accompagner et contribuer à acculturer le secteur", confirme-t-il.
 
En phase avec cette analyse pour les machines où l'électrique fait sens, à savoir les matériels compacts, Fabrice Blanc attire néanmoins l'attention sur le risque d'une approche trop dogmatique et, par voie de conséquence, contre-productive. "Il faut aborder la question énergétique de manière globale, du puits à la roue. D'autant que les motorisations thermiques progressent sans cesse, notamment avec la Phase V. Au point que, aujourd'hui, mieux vaut se balader près d'une pelle que dans le métro si l'on ne veut pas être exposé à trop d'émissions." Une pondération qui ne l'empêche pas de saluer les évolutions, notamment sur les nouvelles générations de rouleaux hybrides et de petits matériels électriques.

Sans oublier la sécurité

Dernier point sur lequel les propriétaires de parc n'ont pas l'intention de transiger : la sécurité. Loueurs comme utilisateurs attendent des systèmes efficaces plutôt qu'un empilement de technologies. "Plus que l'arme absolue, il faut rechercher des systèmes simples à intégrer et à prendre en main", insiste Fabrice Blanc. Des réponses immédiates, encore et toujours. Voilà ce que demandent les directeurs matériel. Jusqu'à en faire un prérequis dans leurs appels d'offres. "C'est bien simple, le respect du poids et du dimensionnement des machines pour faciliter le transport ou la mécanisation des opérations de démontage, ceci afin d'éviter le travail en hauteur, est devenu un critère incontournable. Ma position est claire et tranchée vis-à-vis des fournisseurs sur ce sujet", indique Richard Lohier.
 
Et pour s'assurer de la pertinence des systèmes, Kiloutou peut s'appuyer également sur son centre d'essais. Un outil à même de mettre à l'épreuve les solutions proposées. François Renault va même encore plus loin dans le raisonnement en appelant de ses vœux "l'application de réglementations contraignantes en matière de sécurité pour contribuer effectivement à la sécurité". Les objectifs sont désormais connus. Place aux actes.

Jeremy Bellanger