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Alexandre Marchetta (Mecalac) : "Nous demeurons fidèles à notre ADN d'innovation"

Interview |

Malgré la crise, le groupe Mecalac et son directeur général restent ambitieux et n'entendent pas dévier de leur trajectoire.

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Alexandre Marchetta, directeur général du groupe Mecalac. © Arnault Disdero / Le Moniteur Matériels

La crise actuelle génère-t-elle des craintes pour les mois à venir ?

Nous anticipions déjà un certain tassement de l'activité lié au recul du secteur résidentiel au profit de celui des travaux publics. Or, la crise n'aura pas pour effet d'inverser cette tendance ; au contraire elle va l'amplifier avec, d'un côté, des ménages qui peinent à investir et, de l'autre, des plans de relance qui font la part belle aux infrastructures. Pour un spécialiste des matériels urbains, cette orientation du marché est synonyme d'opportunités, car c'est notre vocation que de prendre part à l'aménagement du territoire. Évidemment, la situation actuelle n'est pas simple et impose à chacun de s'adapter dans son organisation du travail, dans son usage des nouveaux outils numériques… Les choses changent, mais l'activité est toujours là et nos clients sont à pied d'œuvre sur les chantiers.
 

Comment le plan de relance français peut-il profiter à votre activité ?

Ses deux grands volets concernent les infrastructures et l'environnement, qui sont nos axes de développement majeurs. La réduction des émissions de gaz à effet de serre passera immanquablement par des évolutions technologiques qui interrogent le chantier dans son ensemble et les machines qui le composent. Il est clair qu'une part de l'amélioration globale de l'empreinte carbone de la construction et de chaque opération est conditionnée au développement de machines moins polluantes, moins bruyantes, moins intrusives.
 

Comptez-vous réviser vos axes stratégiques et votre agenda en matière de transition énergétique de vos machines ?

Nous avons fait le choix de développer des engins 100% électriques combinant autonomie, performance et compacité. En présentant l'e12 [un prototype de pelle hydraulique sur pneus fonctionnant sur batteries, NDLR] il y a deux ans et demi, nous voulions démontrer une maîtrise technologique qui préfigurait de nouvelles familles de produits dans les différentes typologies. Non seulement nous comptons maintenir cet objectif, mais nous allons aussi lui donner corps avec la commercialisation de machines zéro émission.
 

Vos travaux se concentrent-ils uniquement sur ces engins ?

Nos ingénieurs travaillent sur de nombreux sujets et l'année 2021 sera riche en nouveautés. Nous demeurons fidèles à notre ADN d'innovation et notre investissement en R&D reste inchangé.
 

À propos de développement, vous avez récemment lancé une offre en matière de télématique. Où en est son déploiement ?

Aujourd'hui, la solution de connectivité baptisée MyMecalac Connected Services équipe en standard les 12MTX, 15MWR et 15MC en Phase V. Nous l'offrons également en option sur toute la gamme de pelles et, d'ici à la fin d'année, sur les chargeuses, dumpers et tractopelles issus de notre production anglaise. Via cet outil, les données machines collectées sont partagées avec le client et avec le réseau. Ces informations sont à la fois utiles pour l'utilisateur, pour nos distributeurs et pour nous. Elles permettent d'avancer vers une maintenance préventive, puis prédictive et un taux de service amélioré. Couplées à l'intelligence artificielle, ces données permettront de vendre, à l'avenir, des engins associés à un taux de disponibilité garanti.
 

Préparer l'avenir, c'est également gérer le présent. Comment Mecalac traverse-t-il la crise actuelle ?

L'activité a bien repris ces derniers mois. Pour autant, notre situation est en ligne avec la tendance sectorielle. Lors de son dernier congrès, le Comité européen des équipements de construction (CECE) faisait état d'une baisse de 22% du marché européen en 2020. En France, la contraction n'est pas seulement la traduction des deux mois d'arrêt imposés par le premier confinement. Elle résulte également de la reprise progressive d'activité de nos clients et du décalage de certains chantiers. Certaines tranches de travaux du Grand Paris ont, par exemple, été reportées, de même que l'agrandissement de l'aéroport Marseille-Provence. Un autre facteur important est évidemment l'installation retardée des nouvelles équipes municipales qui a pour effet de dégrader la dynamique d'émission des appels d'offres
 

Votre groupe est également implanté au Royaume-Uni, un pays particulièrement touché par la crise.

Sur ce marché très structuré autour des loueurs de matériels, la réduction de leur investissement s'est immédiatement fait ressentir. Ajoutez à cela l'arrêt des chantiers au plus fort de la crise sanitaire et les incertitudes liées au Brexit et vous obtenez la situation actuelle : une baisse générale de l'activité comprise entre 30 et 40%, pouvant atteindre 55 à 60% sur certains segments de matériels. C'est d'autant plus dommage que l'activité était sur une bonne dynamique en début d'année.
 

De l'autre côté de l'Atlantique, la position de Mecalac est celle du nouvel entrant. Avez-vous vu votre élan coupé sur les marchés nord-américains ?

Malgré les soubresauts, ce sera une année de croissance pour nous. Nous bénéficions de notre jeunesse sur ce marché que nous travaillons depuis trois ans, et de l'attrait des professionnels pour notre offre, que le salon Conexpo de mars dernier a encore confirmé. En 2020, nous avons ainsi mis en place huit nouveaux distributeurs [Mecalac compte désormais une vingtaine de concessionnaires répartis sur tout le territoire, NDLR]. De même, sur la partie canadienne, nous sommes désormais implantés en Ontario en plus du Québec.
 
Propos recueillis par Jérémy Bellanger
 
> Article publié dans Le Moniteur Matériels du 13 novembre 2020