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Alexandre Marchetta (CECE) : «Le respect du marquage CE est essentiel pour assurer une concurrence équitable»

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Ayant succédé à Niklas Nillroth, le nouveau président du Comité européen des équipements de construction (CECE) dessine les lignes de force de son mandat. 

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Alexandre Marchetta (CECE) : «Le respect du marquage CE est essentiel pour assurer une concurrence équitable»

Qu’est-ce qui a motivé votre nomination à la tête du Comité européen des équipements de construction (CECE) ?

Tout s’est déroulé selon nos statuts qui organisent une rotation des pays membres afin qu’ils en assurent successivement la présidence. Après la Suède, c’était au tour de la France. J’ai toujours considéré que prendre part à une association supposait de s’y impliquer. En France, j’ai été en charge de la branche engins de travaux publics au sein du Cisma (NDLR : devenu Evolis). Au niveau européen, je suis membre du bureau du CECE depuis plusieurs années, d’abord en qualité d’administrateur, puis de vice-président lors du mandat de mon prédécesseur Niklas Nillroth, en 2020 et 2021. C’est sans doute au regard de ces engagements que j’ai été proposé comme candidat pour la présidence française de ce syndicat.

Quel sera le premier défi de votre mandat ?

En premier lieu, nous voulons mener à son terme le projet d’harmonisation des exigences en matière de circulation routière des engins. C’est une évolution fondamentale car, pour l’heure, chaque pays européen suit ses propres règles. Nous y travaillons depuis 2018, date à laquelle le CECE était sous mandat italien et présidé par Enrico Prandini. Le texte est désormais prêt à être présenté pour donner naissance à une nouvelle réglementation d’ici à fin 2023. Initier des projets qui seront achevés par d’autres, faire aboutir ceux lancés par vos prédécesseurs ; ainsi pourrait être résumée la mission confiée à chaque président.

 

« Si les constructeurs sont soumis à trop de contraintes réglementaires,
ils passeront leur temps à s’y conformer plutôt qu’à innover. »

 

Le marquage CE des engins reste également une préoccupation. Maintien de l’auto-certification ou recours à un organisme extérieur : quelle option a les faveurs du CECE ?

Dans le cadre de la directive Machine, le respect du marquage CE est essentiel pour assurer une concurrence équitable au sein du marché européen. A priori, les constructeurs sont globalement favorables au maintien de l’auto-certification, tandis que l’Europe aimerait qu’un tiers indépendant s’en charge. Cette dernière possibilité n’a de sens que si elle garantit l’intégrité du marquage CE d’un matériel qui entre en Europe, faute de quoi nous risquerions de voir se multiplier des déclarations non conformes avec les conséquences que l’on connaît : distorsion de concurrence, baisse de qualité des engins… Nous n’en sommes encore qu’au stade de la réflexion, mais le sujet fait son chemin et pourrait se traduire par une proposition d’ici à 2023.

Craignez-vous que l’évolution réglementaire ne brime l’innovation ?

Sur les sujets de l’automatisation, de la semi-automatisation, de l’assistance à l’opération d’engins et même des énergies alternatives, nous constatons que les constructeurs européens sont plutôt précurseurs. C’est pourquoi, il est primordial de faire attention à ce que la réglementation de l’Europe n’enraie pas cette dynamique car cela se traduirait par une perte de compétitivité. Si les constructeurs sont soumis à trop de contraintes réglementaires, ils devront consacrer leur temps à s’y conformer plutôt qu’à innover.

Etes-vous confiant dans la montée en puissance de la transition énergétique et dans l’émergence de chantiers zéro émission ?

Oui. Et nous pourrons l’être encore davantage lorsque les donneurs d’ordres prendront systématiquement en compte les caractéristiques environnementales comme un critère de différenciation dans leur cahier des charges. Une chose est certaine : les fabricants européens d’équipements de construction sont prêts à relever le défi.

 

Propos recueillis par Jérémy Bellanger et Charlotte Divet

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans le Moniteur Matériels n°6181.