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Dans les Yvelines, un forage géothermique inédit

Chantier |

Pour la première fois en France, une méthode multidrains est mise en œuvre à Vélizy. Découverte d'une technologie qui permet de creuser jusqu'à 1 600 m de profondeur.

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Ultra-technique, l'opération est inspirée du milieu pétrolier. © Agence Virtuoz
Pour verdir son réseau de chaleur, Vélizy-Villacoublay (Yvelines) construit sa future centrale géothermique. Le forage, lancé en août dernier, se poursuivra jusqu'en début d'année prochaine. Un appareil de 40 m de haut a été conçu sur mesure pour descendre dans le dogger situé à 1 600 m de profondeur, sur une longueur de 2 400 m. "Les installations de géothermie sont quasi-inexistantes dans l'ouest parisien. Le sol y est moins propice et l'exploitation moins connue. Une étude de prospection de dix-huit mois a donc été effectuée afin d'analyser le sous-sol", indique Nicolas Monneyron, responsable géothermie et innovation au sein d'Engie Solutions, chargé du chantier.
 
Pour cette opération inspirée du milieu pétrolier, un design innovant de creusement a été mis en place. "Plutôt que d'effectuer des forages avec une inclinaison de 30 à 40° et un seul drain, ils sont réalisés verticalement sur 400 m puis déviés à 65° avec une inclinaison augmentant jusqu'à former un U", détaille Nicolas Monneyron. Traverser ainsi le dogger augmentera la surface de contact entre le forage et le réservoir. "Plus la longueur de captation est grande, plus le débit est important. L'objectif ici étant d'atteindre un rythme de 350 m3/h", explique le responsable.

Maximiser la ressource

Outre l'inclinaison, cette opération va appliquer une technologie multidrains à la géothermie profonde afin de multiplier les captations. L'architecture du puits, composée de trois drains, permettra de traverser trois fois au minimum les niveaux producteurs pour maximiser le volume de réservoir drainé. "Cela permettra de capter le réservoir sur les deux premiers drains : une fois à la sortie du forage et une autre un peu plus loin. Le troisième partira de la fin du forage pour descendre gravitairement dans le réservoir, plus bas, et créer une poche de sédimentation."
 
Ce dispositif, qui a nécessité la mise au point d'outils spécifiques, est certes plus onéreux – un coût marginal de 15 à 20% supérieur à celui d'un forage classique –, mais il permet de gagner 30% sur le débit. L'installation favorisera la récupération d'une eau chaude sanitaire géothermale attendue à 64°C et sera complétée par des pompes à chaleur afin d'augmenter la température de départ du réseau. À terme, fin 2021, elle fournira une puissance calorifique de plus de 16 MW afin d'alimenter 12 000 équivalents logements.
 
Stéphanie Obadia
 
> Retrouvez cet article dans son intégralité au sein du numéro daté du 13 novembre 2020 du Moniteur Matériels.