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À La Défense, les tunneliers ont atteint leurs limites

| Reportage |

Parsemées de fondations profondes, les entrailles du plus grand quartier d'affaires européen se tournent vers des engins traditionnels pour être creusées.

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La construction d'un tunnel du prolongement du RER E nécessite l'emploi de… bétonneuses. © Christophe Recoura/Fotoreso/Le Moniteur
Dans le quartier de La Défense, bétonneuses, pelles, chargeuses, fraiseuses et autres nacelles élévatrices se livrent à un étrange ballet. La scène paraîtrait presque banale si ces machines ne se trouvaient pas à 35 m de profondeur. C'est là, dans les entrailles du plus grand quartier d'affaires d'Europe, que les deux équipes chargées de creuser la partie souterraine du prolongement de la ligne E du RER (Eole) interviennent. Car deux tunnels sont en cours d'avancement. Pour creuser celui en direction de Paris (5,2 km de longueur), il y a Virginie. Avec ses 11 m de diamètre, ses 90 m de longueur et ses 1 800 tonnes, c'est le plus gros tunnelier en fonctionnement de France.
 
Changement d'ambiance et de dimensions dans l'autre tunnel (2,8 km), en direction de Nanterre. Ici, aucun tunnelier au travail, mais des engins de chantier tout ce qu'il y a de plus classiques. Car se frayer un chemin à travers les fondations du quartier de La Défense impose de nombreuses précautions. Bien que plus lents, les matériels traditionnels génèrent moins de vibrations. Ils sont aussi plus précis. Le puits de descente qui leur est dédié s'enfonce à 37 m de profondeur pour un diamètre intérieur de 16,5 m. Situé à proximité d'une zone d'habitation, il a été recouvert d'un hangar antibruit. « Construire un tunnel nécessite d'avancer le plus constamment possible », rappelle le directeur du projet mené par Vinci Construction, Guillaume Le Réveillé. « En cas d'arrêt, il faut consolider avec du béton projeté que l'on doit ensuite casser pour continuer à creuser. Avec cette méthode, nous pouvons travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre, six jours sur sept. Le béton est projeté seulement en fin de semaine. »

La fraiseuse donne le rythme

Le puits a été réalisé à l'aide d'une hydrofraise de 29 m. Un robot de forage a également été utilisé pour fixer les barres de soutènement. Un pont roulant à treuil ouvert de marque Konecranes surplombe le puits. Très répandu dans l'industrie automobile ou l'énergie, ce type de matériels est suffisamment souple pour s'intégrer à la plupart des environnements. Ce qui est apprécié, ici, c'est leur capacité de levage : de 6,3 à 250 tonnes avec un seul chariot et jusqu'à 500 tonnes avec deux chariots, ce qui permet un cadençage sans aucun temps mort, qu'il s'agisse du transport des matériels ou de celui des matériaux. Montée sur une pelle Liebherr, la fraiseuse avance à raison de 1 à 1,5 m par jour (contre 12 à 15 m par jour pour un tunnelier), avec un volume compris entre 120 et 150 m3. Le choix de la R 924 Compact (30 tonnes en ordre de marche, avec une puissance moteur de 129 kW) ne doit rien au hasard, lui non plus. Spécialement conçue pour les applications en tunnel, elle dispose d'un système d'attache rapide en bout de balancier, de manière à multiplier les équipements (godet, fraiseuse, perforateur…) sans nécessiter d'assistance technique.
 
Le cycle de travail se décompose en trois phases. Il démarre par l'excavation, puis interviennent le marinage et enfin le confortement : pose de cintres, projection de béton, étanchéification et mise en place du revêtement définitif. À l'image du tunnelier, la fraiseuse est l'élément central du chantier. C'est elle qui donne le rythme. La création de la future gare du Cnit-La Défense, située sous le dernier niveau du parking du Cnit – soit à environ 25 m de profondeur sous le niveau du parvis –, nécessitera le même type de matériels mais en plus compacts, voire ultra-compacts, car mieux adaptés pour évoluer dans les sous-sols existants. À La Défense, le prolongement de la ligne E du RER est un chantier aux dimensions hors normes, où même les mini-pelles trouvent leur place.

Hakim Bendaoud

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